© INTERNESur les banderoles, on pouvait lire : "retrait des lois Perben", "trop de police tue la justice" ou même "Perben, danger, assassin des libertés". Surveillés par un imposant cordon de CRS qui leur barrait l'accès à la place Vendôme, cent-cinquante avocats ont défilé mardi après-midi devant le ministère de la justice pour protester contre l'adoption de la loi Perben sur la "grande criminalité", qui renforce les pouvoirs de la police et des procureurs.
La manifestation avait reçu le soutien de l'Union des Jeunes avocats (UJA), du Syndicat des avocats de France (SAF), du Syndicat de la magistrature (SM), de l'Association des avocats pénalistes, du barreau de Paris, du GENEPI (Groupement étudiant national d'enseignement aux personnes incarcérées) et de l'Association française de criminologie. L'Union syndicale des magistrats (majoritaire), en totale opposition au projet de loi, ne s'est pas jointe à la manifestation, considérant qu'elle "n'apportait rien, étant donné que le processus législatif touche à sa fin".
"Atteintes intolérables aux libertés fondamentales"
Me Françoise Cotta, l'une des trois avocats à l'origine de cette initiative, estime que le projet de loi sur la grande criminalité instaure une "soumission absolue" des magistrats à la Chancellerie et se traduira par un "recul des libertés individuelles". Une centaine d'avocats ont également manifesté mardi à Bordeaux. Le bâtonnier, Me Bernard Condat, a dénoncé au nom des "40.000 avocats français les atteintes intolérables aux libertés fondamentales que contient le projet soumis au Parlement".
Le texte du ministre de la Justice, Dominique Perben, entend renforcer les moyens de lutte contre les nouvelles mafias. Il instaure plusieurs procédures exceptionnelles qui renforcent les pouvoirs de la police et du parquet, au détriment de ceux des juges du siège. Le texte, adopté en deuxième lecture par le Sénat la semaine dernière, accorde de nouveaux pouvoirs aux policiers et aux policiers, étend pour de nombreux délits le délai maximal de garde à vue de deux à quatre jours, créé une procédure de "plaider coupable" et officialise le droit pour le ministre de la Justice d'intervenir dans les enquêtes.
Photo : la manifestation parisienne, mardi 27 janvier 2004.
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