© INTERNEEnvolée, la petite balade nocturne sur la Seine. Avec la pluie omniprésente, ces derniers jours sur la capitale, les forts courants du fleuve faisaient trop tanguer la péniche qui accueillait, jeudi soir, les vœux de Cofidis à la presse. Le Maxim's est resté à quai. De là à penser que le groupe, englué depuis plusieurs jours dans une affaire de dopage touchant certains coureurs de son équipe cycliste, serait en train de prendre l'eau... Ses dirigeants s'en défendent et affichent une perplexité de bon aloi mêlée à une certaine sérénité. "Pour le moment, on est dans le brouillard. Il est trop tôt pour mesurer l'impact de cette affaire", souffle un responsable. Un autre : "Nous sommes un groupe du Nord, loin de Paris, loin de Bruxelles. Notre devise a toujours été : 'Pour vivre heureux, vivons cachés'. Là, par la force des choses, on a dû changer notre fusil d'épaule…".
Il fallait une bonne dose d'abnégation aux Cofidis pour maintenir leur "soirée festive" prévue de longue date sous le thème de la… prohibition. Le carton d'invitation proposait une "plongée au cœur des années 20" et une "ambiance Cotton Club". Borsalino et dollars factices distribués à l'entrée, table de jeu, tours de magie… Tant bien que mal, les dirigeants du groupe tentaient de se prêter au jeu. Mais le cœur n'y était pas. Les membres de l'équipe cycliste avaient été excusés au dernier moment. Seul Alain Bondue, le directeur de l'équipe - fort discret - avait fait le déplacement.
"Pas d'image volées"
Les équipes de télévision étaient instamment priées de remiser leur caméra au vestiaire. L'une d'elle, qui rechignait à s'exécuter, fut priée à plusieurs reprises d'obtempérer. "On ne veut pas d'image volées", articulait une femme visiblement portée par les nerfs.
Au moment de prendre la parole, le Pdg de Cofidis, affichait la mine des mauvais jours. Les yeux bordés d'épaisses cernes - quelques heures auparavant, il avait dû convoquer la presse en toute hâte afin d'apporter publiquement son soutien à son équipe - , François Migraine fixait, perplexe, l'écran de télévision chargé de diffuser les images du groupe nordiste spécialisé dans le crédit à la consommation. Pas de chance, là encore : l'écran donnait des signes de faiblesse. L'image, neigeuse, restait en noir et blanc, le son crachotait… On en aurait presque oublié les bons résultats 2003 du groupe annoncé au cours de la soirée. "Une croissance à deux chiffres", a précisé le Pdg. Une bonne nouvelle, enfin…
Photo AFP : François Migraine, Pdg de Cofidis, jeudi 22 janvier 2004 à Paris.
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