L'enquête sur Pieri semble progresser

Par P.M., le 29 janvier 2004 à 16h27 , mis à jour le 29 janvier 2004 à 17h08

Le quotidien Le Monde publie jeudi de nombreux procès-verbaux du dossier financier mené contre la "galaxie" du nationaliste corse Charles Pieri. Sa propre épouse l'aurait mise en cause devant les enquêteurs.

charles pieri © INTERNE

L'horizon de Charles Pieri s'obscurcit. Déjà mis en cause, fin décembre, par une ancienne secrétaire de Corsica gardiennage services, poursuivi depuis le 17 décembre pour "abus de biens sociaux, recel et complicité d'abus de biens sociaux, recel d'abus de confiance, association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, financement du terrorisme et extorsion de fonds", le nationaliste corse doit désormais compter avec d'autres témoignages obtenus par les enquêteurs

Les procès-verbaux dévoilés jeudi par Le Monde décrivent une île mise en coupe règlée par quelques personnages et où l'intimidation règne en maître. A la mi-décembre 2003, un témoin, Edouard Figarella, a raconté aux enquêteurs comme il a dû céder une partie de ses parts dans un hôtel du Cap-Corse (Haute-Corse), un beau jour de juin 2002, lorsque Charles Pieri et quelques amis sont venus le voir. Les contrats étaient prêts, il ne restait plus qu'à les signer... "Ce jour-là, je n'ai rien pu dire, j'ai compris que je ne pouvais qu'accepter", a-t-il dit au juge Courroye. Pieri ? "Un type avec qui on ne discute pas". Notamment lorsqu'il exige que son épouse soit embauchée par l'hôtel... "Je n'ai pas pu refuser car j'avais peur des représailles".

Edouard Figarella n'a pas non plus bronché lorsqu'on lui a vivement conseillé de recourir aux services de Corsica nettoyage entretien (CNE), l'entreprise dirigée par… Mme Pieri.

"Aucun lien"

Devant les enquêteurs, un comptable, Marc Ninu, y est également allé de sa confidence au sujet de CNE. "Je comprends aujourd'hui qu'il (Pieri, ndlr) était derrière et que cette société était plutôt pour sa poche que pour le collectif. Une déclaration qui a trouvé un soutien inattendue en la personne de l'épouse de Charles Pieri. A en croire Le Monde, Antonia Marty-Dessus aurait reconnu être une "gérante de paille" de CNE "pour faire plaisir à [s]on mari" et un autre homme, Jacques Mosconi, ami de Charles Pieri, mis en examen le 13 janvier, notamment pour "abus de biens sociaux et recel d'abus de confiance".

Confronté à ce qui ressemble à de lourdes accusations, le nationaliste corse a tout nié en bloc, parlant parfois d' "affabulation" ou refusant de répondre. Il a soutenu n'avoir "aucun lien et aucune relation quelconque avec un mouvement clandestin quel qu'il soit, sur le plan politique, militaire ou financier".

Par P.M. le 29 janvier 2004 à 16:27
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