© INTERNEDifficile pour un enfant victime d'inceste d'affronter l'auteur des faits. Les onze enfants victimes de ces abus, dont certains sont encore mineurs, n'étaient pas tous présents à l'ouverture des débats, lundi. "C'est encore plus difficile quand il s'agit de toute une famille", notent les avocats des parties civiles. Le huis-clos, réclamé par plusieurs d'entre eux, a été accordé par le président de la cour d'assises du Lot-et-Garonne.
Prévus sur trois semaines, c'est le procès d'un patriarche de 74 ans, de son épouse, de ses enfants et de leurs conjoints, tous accusés d'avoir pendant plusieurs années imposé des viols incestueux aux enfants de leur famille. Si les accusés, âgés de 20 à 74 ans, ont tous reconnu leur responsabilité durant l'instruction, certains sont depuis revenus sur leurs aveux. Quatre d'entre eux comparaissent libres.
Nourissons
L'affaire a éclaté en septembre 2001. Un adolescent de seize ans brise la loi du silence et révèle aux gendarmes les sévices sexuels que lui imposaient depuis l'âge de cinq ans ses grands-parents, ses parents, ses oncles et tantes. Quelques temps auparavant, le jeune garçon avait lui-même été condamné pour le viol de sa soeur mais n'avait jamais rien dit de sa propre histoire.
L'enquête a montré que le patriarche, un agriculteur de la région de Marmande, aurait imposé, dès le plus jeune âge, des relations sexuelles à ses quatre enfants aujourd'hui adultes, puis à l'ensemble de ses petits-enfants. Son épouse, moins âgée que lui, a activement participé à ces séances. A leur tour, ses enfants et leurs conjoints respectifs auraient reproduit le schéma familial, violant leurs propres enfants, leurs neveux et nièces - âgés de quelques mois pour les plus jeunes. Les viols commis par le grand-père s'accompagnaient parfois d'actes de violence, de sadisme ou de barbarie.
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