Raffarin "surpris", Chirac muet, Sarkozy aussi

Par DS (avec AFP), le 31 janvier 2004 à 08h19 , mis à jour le 31 janvier 2004 à 08h51

Si plusieurs personnalités de l'UMP jugent "cruelle" et "disproportionnée" la peine de prison et d'inégibilité pesant sur le président de leur parti, Jacques Chirac ne s'est pas encore exprimé sur le sujet. Le ministre de l'Intérieur, lui, ne le fera pas.

Alain Juppé au Tribual de Nanterre (LCI) © LCI

Jacques Chirac, vendredi à Genève : "Ce n'est pas ici, aux Nations unies, que je vais m'exprimer sur cette question". "Cette" question ? La lourde condamnation de son dauphin, Alain Juppé, dans le procès des emplois fictifs, vendredi par le tribunal de Nanterre. L'UMP est sous le choc. Le principal intéressé, lui, s'est retiré quelques jours après avoir annoncé qu'il faisait appel de sa peine de 18 mois de prison avec sursis et de l'inéligibilité de 10 ans qui en découle automatiquement.

"Surpris" par la décision des juges, le Premier ministre a souligné que celle-ci était "provisoire" jusqu'à l'appel. "Aujourd'hui, je veux dire avec force, avec conviction et avec sincérité que  le service de la France et des Français a besoin d'Alain Juppé", a déclaré Jean-Pierre Raffarin. "Au-delà de ceux qui ont pour lui respect ou affection, une large majorité  de Français savent qu'Alain Juppé est un homme d'Etat, est un homme d'honneur", a-t-il ajouté. Exprimant un sentiment largement partagé à l'UMP, le président du groupe à l'Assemblée, Jacques Barrot, a estimé "disproportionnées" les conséquences pour Alain Juppé de sa condamnation.

"Pas de vacance du pouvoir"

Nicolas Sarkozy, en revanche, s'est refusé à toute réaction. Sollicité par la journalistes lors de sa visite en Corse, le ministre de l'Intérieur, candidat déclaré à la présidence, s'est contenté d'un signe de tête pour répondre non. Son entourage a indiqué que le ministre ne réagirait pas. François Bayrou a déclaré qu'il ne souhaitait pas s'exprimer sur la condamnation d'Alain Juppé "en attendant la déclaration" de ce dernier. Mais, le président de l'UDF a exprimé sa solidarité avec le maire de Bordeaux et sa famille.

Au-delà de l'émotion, des scénarios pour l'avenir sont déjà dans les esprits. L'appel suspensif permet à Alain Juppé de conserver ses mandats de député et de maire de Bordeaux. Il doit également décider s'il reste ou non à la présidence de l'UMP, alors que se profilent les régionales de mars. "Il n'y aura pas de vacance du pouvoir", a assuré le vice-président du parti, Jean-Claude Gaudin. "Les statuts sont nets et limpides. A partir de mardi, les réunions auront lieu. Si M. Juppé est là, tant mieux. Dans le cas contraire, c'est moi qui les ferai", a dit le maire de Marseille.

(Image LCI : Alain Juppé au Tribunal de Nanterre, vendredi)

Par DS (avec AFP) le 31 janvier 2004 à 08:19
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