Venezuela : l'otage française a frôlé la mort

Par D.S. avec AFP, le 24 janvier 2004 à 08h28 , mis à jour le 25 janvier 2004 à 07h34

La jeune Stéphanie Minana, enlevée par un groupe armé en décembre au sud du Venezuela, a été libérée vendredi soir. La jeune fille, retrouvée en "état de choc", allait être exécutée.

stéphanie minana venezuela enlèvement © INTERNE

Le sort de Stéphanie Minana, enlevée le 8 décembre dernier au Venezuela, était scellé : rançon ou pas, ses ravisseurs avaient décidé qu'elle ne reverrait jamais sa famille. Vendredi soir, la police vénézuélienne a déjoué ce projet in extremis. Un commando spécialisé a réussi à libérer la jeune femme de 25 ans au terme d'une "intense fusillade" au cours de laquelle deux des ravisseurs ont été abattus.

Si Stéphanie Minana est aujourd'hui hors de danger à l'hôpital de Valera, à 500 km au sud-ouest de Caracas, elle reste très marquée, tant physiquement que psychiquement, par sa longue séquestration. Outre son état de déshydratation, "je l'ai sentie dans un état second, j'avais l'impression d'avoir à faire à une toute petite-fille, elle avait une toute petite voix, elle était très calme, elle ne pleurait pas", a raconté son frère, Jean-Christophe, sur LCI.

"Une ferme à bestiaux"

Les policiers ont recueilli la jeune étudiante, originaire de Biarritz, "en total état de choc". Ses ravisseurs, "des délinquants de la pire espèce, sans motivations politiques", l'ont "fortement maltraitée", selon une source proche de l'enquête. "On lui a coupé les cheveux, elle a des traces sur son corps, elle a été piquée, a reçu des coups de griffes, ils la maintenaient dans une ferme à bestiaux", a expliqué son frère, qui a confié "appréhender une deuxième phase qui sera délicate".

Après avoir réclamé deux millions d'euros, les ravisseurs, lors des dernières négociations avec la famille n'exigeaient plus que "moins de cent mille euros". Ils avaient envoyé à ses proches les vêtements que portait la jeune femme au moment de l'enlèvement comme preuve qu'elle était encore en vie et avaient même autorisé leur captive à entrer en communication avec sa famille le 18 janvier. "Je vais bien mais je suis épuisée", avait-elle eu le temps de dire. "S'il vous plaît, faites ce qu'ils vous disent", avait-elle supplié lors de cette brève conversation avec son autre frère, Jean-Michel, un industriel de Valera chez qui elle séjournait au moment de son rapt.

Par D.S. avec AFP le 24 janvier 2004 à 08:28
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