La contre-réforme des intermittents

Par D.S., le 25 février 2004 à 16h33 , mis à jour le 25 février 2004 à 20h11

Les intermittents, soutenus par les syndicats et divers élus, ont présenté mercredi une plate-forme pour rouvrir le dialogue avec les pouvoirs publics. Ils ont présenté des contre-propositions à la réforme de leur système d'assurance-chômage.

[Expiré] [Expiré] Intermittents clown manifestation 8/12/03 Paris (AFP) © AFP

Après la cacophonie, les violons s'accorderaient-ils ? Les intermittents du spectacle, opposés au nouveau système d'assurance-chômage entré en vigueur le 1er janvier, se sont présentés en position de renouer le dialogue mercredi à l'Assemblée nationale, tandis que le ministre de la Culture niait qu'il y ait le moindre divorce entre culture et gouvernement.

Très pratiquement d'abord, et depuis deux mois, les intermittents se sont organisés de manière informelle en "comité de suivi". Outre la Coordination nationale des intermittents, on y trouve pêle-mêle des syndicats (CGT et SUD), des représentants de toutes les professions concernées (réalisateurs, producteurs, etc) et des parlementaires de toutes couleurs politiques.

"Rouvrir le dialogue"

Ces acteurs se sont mis d'accord sur la création d'une "plate-forme" réunissant les différentes professions concernées. Ils se sont entendus sur quatre grands principes : "garantie de la mutualisation" ou, en clair, refus d'une caisse spécifique aux artistes comme le prône le Medef ; "égalité de traitement"; "consultation démocratique des acteurs concernés" et "nouveau mode de financement du régime d'assurance-chômage". En revanche, les parties n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur les secteurs auxquels devrait se limiter l'intermittence.

"Les intermittents n'ont actuellement plus d'interlocuteurs ni au ministère de la Culture, ni au ministère des Affaires sociales, et je ne parle pas de l'Unedic", a déclaré mercredi le député UMP Etienne Pinte, membre du comité de suivi. Une fois organisés en plate-forme, les intermittents espèrent pouvoir "rouvrir le dialogue" avec les pouvoirs publics. François Fillon, le ministre des Afffaires sociales, a d'ailleurs annoncé qu'il allait "demander à l'UNEDIC d'expertiser le contre-projet".

Cesser les "vieilles querelles"

Accusés par les mondes de la culture et de la science de "faire la guerre à l'intelligence", le gouvernement et le ministre de la Culture en particulier ont été interpellés avec virulence ces derniers temps. Le Monde n'hésitait pas à titrer cette semaine sur le divorce consommé avec le Premier ministre. A la suite de Jean-Pierre Raffarin, Jean-Jacques Aillagon conteste cette analyse et se réjouit que la politique culturelle "s'invite dans le débat public" après "des années d'anesthésie".

Dans une lettre à la comédienne Agnès Jaoui qui l'avait sévèrement critiqué samedi lors de la cérémonie des César, le ministre rappelle que le dossier de l'intermittence "ne relève pas strictement" de lui, "mais plutôt de l'UNEDIC et de (son) collègue chargé des affaires sociales", François Fillon. "Plutôt que de poursuivre de vieilles querelles aux relents étrangement politiciens, je pense que notre intérêt commun est de chercher les voies pour l'améliorer et de le compléter au cours des prochains mois et années", conclut-il. De part et d'autre, les violons semblent prêts à jouer. Ils doivent maintenant s'entendre sur la partition.

Lors d'une manifestation à Paris le 8 décembre 2003 (AFP)

Par D.S. le 25 février 2004 à 16:33
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