© AFPValéry Turcey, membre du Conseil supérieur de la magistrature, a tenté samedi matin de mettre fin à la polémique née jeudi après la publication d'un communiqué dans lequel cette institution disait "regretter" de ne pas avoir été consultée avant la création par l'Elysée de la mission d'enquête administrative dans l'affaire des pressions présumées sur les magistrats de Nanterre qui ont condamné Alain Juppé.
"A aucun moment, le conseil supérieur n'a critiqué le président de la République", a affirmé Valéry Turcey samedi sur Europe 1. "J'observe que depuis le début de cette affaire, on essaie de créer des affaires dans l'affaire dans l'affaire", a-t-il déploré mais : "le CSM est une institution trop digne pour s'abaisser à la polémique". "Le fond du problème est de savoir comment on va pouvoir gérer […] la coexistence d'enquêtes différentes juridiquement, menées par des autorités différentes, sur quasiment la même chose", a estimé l'ex-président de l'Union syndicale des magistrats.
Juges muets
Outre l'enquête administrative, des investigations judiciaires et parlementaires vont tenter de faire la lumière sur les pressions dont auraient été victimes les juges. Le CSM se considère lui aussi comme déjà saisi du dossier, invoquant un courrier que Jacques Chirac lui avait envoyé le 25 novembre dernier dans lequel le chef de l'Etat lui demandait un avis sur "des mesures qui pourraient être prises pour mieux garantir l'autorité judiciaire contre la mise en cause injustifiée de tel ou tel de ses membres".
Dans cette situation pour le moins confuse, tf1.fr apprenait jeudi soir de source judiciaire que les trois magistrats de Nanterre avaient été convoqués jeudi par la commission administrative mais avaient refusé de s'exprimer, réservant leurs réponses aux juges d'instruction de Nanterre ou au... CSM. Ce samedi, les chefs de cour et de juridiction des juges de Nanterre, le procureur général près la cour d'appel de Versailles, Henri Desclaux, le premier président de la cour d'appel de Versailles, Vincent Lamanda, ainsi que le procureur de Nanterre, Bernard Pagès, étaient à leur tour convoqués.
(Image AFP archive : Valéry Turcey)
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