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Ni la FNSEA ni ses dirigeants n'ont piqué dans la caisse". Luc Guyau, l'ancien président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles, mis en examen jeudi dans le cadre d'une enquête sur des détournements de fonds présumés au profit de l'organisation agricole, a démenti dans une déclaration publiée vendredi les accusations portées contre lui.Luc Guyau souligne que "la solidarité de ces 40 dernières années, base de l'action de la FNSEA, s'est exprimée de longue date par le soutien des céréaliers aux éleveurs dans des moments difficiles (...) et par un soutien aux organismes d'élevage qui étaient sans moyens à l'époque et qui devaient s'organiser, ce que nous avons fait et j'en suis fier".
Contrôle judiciaire
Luc Guyau a été mis en examen par le juge d'instruction du TGI de Paris Henri Pons. Cette mise en examen de l'ancien responsable (1992-2001) de la première fédération de syndicats agricoles de France, accusé de "complicité et recel d'abus de biens sociaux", était intervenue à l'issue d'une journée de garde à vue à la brigade financière. Il avait ensuite été laissé en liberté sous contrôle judiciaire. A sa sortie du pôle financier, Luc Guyau avait simplement évoqué "une sombre affaire concernant des taxes parafiscales, suite à une plainte déposée par un syndicat minoritaire".
Actuellement président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA), Luc Guyau avait indiqué la semaine dernière à Reuters qu'il était "serein" et serait "entendu prochainement" par la justice. Un simple "rendez-vous", disait-il. Dans cette affaire, Yves Salmon, ancien directeur général de la FNSEA de 1993 à 2001, a déjà été mis en examen le 22 janvier pour "complicité et recel d'abus de biens sociaux" par un magistrat du pôle financier du tribunal de grande instance de Paris.
Irrégularités
L'instruction avait démarré au début de l'année 2000, après une plainte contre X avec constitution de partie civile pour "abus de confiance, abus de biens sociaux, faux et usage de faux et complicité et recel". Le plaignant, l'Organisation des producteurs de grains (OPG), un syndicat de producteurs, avait en effet pris connaissance d'un rapport de 1998 de la Cour des comptes pointant des irrégularités au sein de la société Unigrains, établissement lié aux céréaliers, dans le mode de répartition des taxes parafiscales auxquelles sont soumis les agriculteurs.
Un autre organisme céréalier, l'Institut technique des céréales et fourrages (ITCF) avait été montré du doigt. Selon le rapport, ces deux organismes qui bénéficiaient d'une taxe parafiscale versée par les producteurs de céréales mais soumise au contrôle de l'Etat, avaient accordé des aides qui ne correspondaient "ni à leur objet ni à celui des taxes qui les financent". Or la FNSEA est notamment soupçonnée d'avoir indûment perçu, de manière indirecte, une partie du produit de ces taxes.Selon une source proche du dossier, d'autres personnes liées à la gestion des taxes parafiscales à l'époque où Luc Guyau dirigeait la fédération agricole pourraient être entendues prochainement dans le cadre des investigations du juge Pons.
Photo archives : Luc Guyau
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