Noyade dans la Seine : un policier écroué

Par P.M. (Avec AFP), le 13 février 2004 à 10h48 , mis à jour le 13 février 2004 à 21h42

Trois personnes, dont un policier, ont été mises en examen et écrouées dans le cadre d'une enquête sur un homme qui s'est noyé après avoir été jeté dans la Seine, lors d'une rixe le 1er février à Paris.

noyade paris peniche charleston © INTERNE

Pourquoi Jonathan Ferdinand, 25 ans, né à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), a-t-il chuté d'une péniche, "le Charleston", amarrée quai François Mauriac, le 1er février à Paris ? C'est à cette question que les enquêteurs de la 3e division de police judiciaire (DPJ) vont désormais tenter de répondre.

Selon les premiers éléments du dossier, le jeune guadeloupéen avait été éconduit d'une soirée privée par trois hommes en raison de son comportement qu'ils jugeaient agressif. Une bousculade puis une rixe avaient eu lieu, selon eux, à la suite de laquelle il était tombé à l'eau. Son corps ne sera retrouvé que quelques jours plus tard.

Un père contre la "loi du silence"

Mais cette version des faits ne serait pas tout à fait conforme à la réalité : les trois personnes ont été mises en examen et écrouées pour "violence en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Parmi elles figure un policier en poste au service régional de la police des transports (SRPT) d'Ile-de-France. L'homme n'était pas en service au moment des faits. Sa suspension a officiellement été demandée vendredi, tout comme la privation de son traitement. Ce jeune policier stagiaire ne sera pas titularisé, a-t-on appris auprès de la préfecture de police de Paris vendredi.

Sur Europe 1, vendredi matin, le père de la victime s'est insurgé face à ces mises en examen "a minima" et cette "loi du silence", selon lui. Il demande des explications au ministère de l'Intérieur. Une manifestation doit avoir lieu dimanche à l'initiative de la famille et des proches de M. Ferdinand sur les lieux de la rixe.

Des accusations auxquelles le parquet de Paris a réagi en précisant que le chef de mise en examen choisi par la justice relève de la qualification criminelle et n'est "en aucun cas à minima". "L'enquête a été menée rapidement et les trois auteurs présumés des faits ont été interpellés, déférés devant un juge, mis en examen et incarcérés dès le 3 février, c'est-à-dire avant qu'on retrouve le corps", a indiqué le parquet de Paris, qui parle de "dossier absolument transparent".

Photo d'ouverture : la péniche "Le Charleston", à Paris - DR

Par P.M. (Avec AFP) le 13 février 2004 à 10:48
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