© INTERNENicolas Sarkozy, l'hyperactif
![]() -Dessin : David Straus |
Conseils : Maîtriser les avantages et les risques de ce qu’il entreprend car on voit que l’émotion et l’appétit reprennent vite le dessus chez lui. Je l’amènerais donc à plus de prudence sans retirer la pertinence et la mise en valeur de ses actions. Le problème n’est pas ce qu’il fait mais ce qu’il en fait et ce qui en est dit par les médias."
Alain Juppé, le rigide
Il est hyper structuré. Il suffit de l’observer quand il communique. Tout est maîtrisé et l’on ne sent pas ses émotions. Il a une prestance, ses gestes sont élégants mais il lui manque la proximité. On voit trop la structure sans voir l’homme et sa chair.
Conseils : Exploiter son potentiel affectif. Il faut qu’il crée le courant et qu’il aille prendre l’autre par la main. Un exemple de sa psycho-rigidité, son attitude avant son jugement le 30 janvier (ndlr)* : "je quitte la vie politique si je suis condamné ". Cela fait penser à l’attitude de Jospin le soir du 21 avril ou à une forme de chantage. Or en politique, il faut de l'humilité et beaucoup de combativité. Il faut accepter de prendre des coups pour éviter que le public ne s'interroge sur votre capacité de résistance.
Laurent Fabius, l'artificiel
Très fort intellectuellement, il est en train de " découvrir " les émotions. Il se met à en parler mais ça n’a pas l’air authentique. Ce n’est pas en disant qu’on pleure à la fin des films qu’on devient sympathique ou proche des gens. Fabius a du mal à faire partager ses émotions car il doit régler un problème avec lui-même : comment vivre ses émotions ?
Conseils : Moins rigide que Juppé, Fabius a néanmoins un gros travail à faire sur les émotions. Rien ne sert d'en parler, il faut les faire passer. Il existe un certain nombre d’exercices très concrets à faire dans une journée pour mieux entrer en contact avec ses émotions.
Dominique Strauss-Kahn, l'indécis
DSK est dans un état de questionnement : se lancer ou non dans la bataille de 2007. C’est quelqu’un qui surfe avec facilité et qui a du mal à s’engager pleinement dans les choses, comme s’il avait peur de se lancer. Je ne crois pas du tout qu'il soit dilettante. Mais sa réflexion relève aujourd’hui d’un choix de vie, comme celle de Delors en 1995. Lui, il semble avoir le désir, mais ce choix implique une remise en question personnelle très forte. Et cette question, il ne peut plus l’éviter aujourd’hui. On sent depuis quelques temps plus de gravité chez l’homme.
Conseils : Puiser dans ses ressources pour un combat difficile. Il faut qu'il règle d'éventuels doutes et qu’il montre son désir. Il faut que dans ses yeux un peu tristes apparaisse de la lumière. La présidentielle, c’est comme une grosse fête ! Il faut être content d’y participer.
Rendez-vous en page 2 (cliquer ci-dessous) pour découvrir les profils de François Bayrou, Marine Le Pen, et Olivier Besancenot
* ndlr : L'entretien avec le fondateur de Coaching et Performance a été réalisé avant le jugement prononcé contre Alain Juppé.
François Bayrou, l'individualiste
"Le patron de l’UDF a du mal à se positionner dans un ensemble. Il veut trouver sa place et il a du mal. Profondément individualiste, il n’est pas très apte à travailler en équipe. On a l’impression que Bayrou a un problème de maturité, comme s’il avait du mal à passer à la vitesse supérieure. Il joue beaucoup sur la menace : " si vous ne m’acceptez pas, attention à vous ". On s’attache à la personne car il est sympa mais il y a un manque de puissance chez lui.
David Straus
Conseils : Moins travailler sur la pertinence des messages que sur leur puissance. Il faut qu’il s’impose plus pour faire disparaître le décalage entre ses paroles et ce qu’il y a derrière. Pour les Régionales, Bayrou semble avoir choisi une stratégie de terrain mais aujourd’hui, on ne sait toujours pas où il est. Il va devoir résoudre ce décalage entre le chemin qu’il trace et ce que l’opinion retient de lui.
Marine Le Pen, la joviale
Marine Le Pen a compris qu’il ne fallait pas reproduire les erreurs de son père. Elle doit gérer deux problèmes : rattraper les dérapages passés ou présents de J.M Le Pen et remettre en question certains fondamentaux du parti. Elle le sait car elle est d’une autre génération, celle des trentenaires. Je crois qu’il y a une réelle dimension chez elle et jusque là, elle profite au mieux d’un héritage familial compliqué. Contrairement à son père, elle sort des pièges qu’on lui tend avec humour. D’ailleurs, ses affiches la montrent très souriante. L’avenir dira si elle a le fond nécessaire.
Conseils : Continuer à contrôler son image "sympathique", sourire et éviter tout dérapage. Elle peut jouer intelligemment de l’héritage paternel avec un " devoir d’inventaire " dans le programme du FN. Il faut qu’elle fasse attention avec sa voix, un peu grave et masculine.
Olivier Besancenot, le juvénile
Le leader de la LCR apporte de la jeunesse et de la sympathie mais son discours manque de recul et de force. Il n’y a pas ou peu de valeur ajoutée dans ses propos, contrairement à un Bernard Thibault par exemple, le leader de la CGT. N’a-t-il pas été projeté trop tôt au devant de la scène ? Sa jeunesse et sa " bonne gueule " sont un problème car il est censé tenir un langage de gauche dure et l’on perçoit un réel décalage.
Conseils : Trouver des axes nouveaux dans le message et prendre du recul par rapport à un discours convenu. Il doit aussi être moins faussement guerrier.
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