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Deux fois condamné pour attouchements et agressions sexuelles sur mineurs et un temps inquiété dans l'enquête sur la disparition de jeunes handicapées dans l'Yonne, Emile Louis sort de prison début 1992 et s'installe à Draguignan, dans le Var. Il est alors âgé de 58 ans.
Le 30 juin, il épouse Chantal Paradis, de six ans sa cadette, une femme psychologiquement fragile, rencontrée quelques semaines plus tôt. Les époux s'installent dans un F2 HLM de la cité des Billettes. Karine, 13 ans, l'une des deux filles de Chantal, née d'un premier mariage, vit avec le couple.
L'AFFAIRE
Le 13 décembre 2000, au lendemain de l'arrestation d'Emile Louis dans l'affaire des "disparues de l'Yonne", les enquêteurs interrogent Chantal pour percer la personnalité du suspect. Elle révèle alors les atrocités que son mari lui aurait fait subir entre 1993 et 1996 et les actes auxquels il se livrait sur sa fille (voir ci-dessous). La quasi-totalité du dossier repose sur les témoignages de Chantal et Karine. Aucune expertise médicale n'a en effet confirmé -ni infirmé- leurs dires. Les experts psychiatres ajoutent que leurs déclarations sont néanmoins crédibles. L’accusé, considéré comme un "pervers capable de dangerosité socio-criminologique", réfute pour sa part tout en bloc.
Emile Louis a été mis en examen dans ce dossier en février 2001. Mais Chantal et Karine, apeurées, ne se sont portées parties civiles que sept mois plus tard. Deux autres femmes ont également déposé plainte mais leurs accusations n’ont jamais été établies. Après une longue bataille judiciaire, l'ancien chauffeur de car a été renvoyé devant les assises en décembre 2003.
LES FAITS REPROCHES A EMILE LOUIS
Chantal indique que son mari la droguait à l'aide de somnifères afin de pouvoir se livrer à des actes de torture à son encontre. Elle raconte notamment qu'il la ligotait, pratiquait ensuite des incisions dans le sein gauche pour récupérer son sang, qu'il réinjectait à l'aide d'une seringue dans les hémorroïdes. Les avocats du prévenu parlent uniquement de "jeux sexuels entre adultes et librement consentis".
Karine explique pour sa part avoir également été droguée, victime d'attouchements et d'agressions sexuelles à plusieurs reprises. Là encore, Emile Louis, qui a tout d'abord affirmé que la jeune fille le "chauffait" et était "consentante", nie.
LE PROCES
Il se déroule du lundi 22 au vendredi 26 mars devant les assises du Var à Draguignan. Emile Louis est jugé pour "viols commis avec tortures et actes de barbarie sur une personne particulièrement vulnérable" (ndlr : sa femme) et "agressions sexuelles et un viol" sur Karine.
UN RAPPORT AVEC LE DOSSIER DES "DISPARUES DE L'YONNE" ?
Pour Didier Seban, l’avocat de la femme et de la belle-fille d’Emile Louis, le dossier de Draguignan "éclaire" celui des "disparues de l’Yonne", dont il est aussi le conseil des familles. Il met en avant plusieurs points communs, dont certains sont aussi valables dans les affaires pour lesquelles Emile Louis a déjà effectué deux séjours en prison :
- des déclarations contradictoires du prévenu, qui avoue puis revient sur ses aveux.
- le dégoût des femmes, qui ne font que le "provoquer".
- des victimes toujours fragiles psychologiquement ou facilement impressionnables (handicapées, enfants).
- le même modus operandi : l’administration de drogues pour limiter les réactions des victimes et diminuer leurs souvenirs, l’utilisation de seringues, le ligotage.
Pour les défenseurs de l’accusé, il ne s’agit bien sûr que de spéculations.
(photo afp d'archives-Eric Cabanis :
Emile Louis lors de son arrestation, le 12 décembre 200)
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