AZF décrète une trêve

Par D.S., le 25 mars 2004 à 08h41 , mis à jour le 25 mars 2004 à 13h59

Le mystérieux groupe a annoncé qu'il suspendait son action dans un message parvenu jeudi au ministère de l'Intérieur. La veille, une bombe similaire à celle découverte près de Limoges en février avait été trouvée près de Troyes.

AZF voie ferrée vue aérienne Paris-Bale Montiéramey Troyes (LCI) © INTERNE

Mercredi, les enquêteurs découvrent une bombe. Le lendemain, ceux qui sont censés l'avoir posée annoncent une trêve. Le feuilleton "AZF" pour être toujours aussi mystérieux, n'en manque pas moins de rebondissements. Le ministère de l'Intérieur a confirmé avoir reçu une lettre dans laquelle le groupe terroriste, explique qu'il suspend ses actions et qu'il n'y a "plus de bombes sur le réseau ferré français". L'information avait été révélée quelques instants plus tôt par la chaîne d'information LCI qui précisait que l'Elysée avait aussi été contacté.

Avant cette annonce surprise, toute la question était de savoir si l'engin explosif découvert mercredi non loin de Troyes sur la ligne Paris-Bâle avait été déposé par AZF? Selon LCI, cette piste est celle privilégiée par les enquêteurs, car l'emballage et le produit explosif utilisés présentent une étroite ressemblance avec une première bombe découverte le 21 février près de Limoge sur les indications d'AZF. Ce groupe menace depuis la mi-décembre d'organiser des attentats sur le réseau ferré et réclame une rançon de plusieurs millions de dollars et d'euros aux autorités françaises.

Plus rudimentaire

Depuis mercredi, on savait que l'engin était constitué "d'une boîte en plastique translucide de 20 centimètres par 20 centimètres". La première bombe, elle aussi, était contenue dans une boîte de type "Tupperware". Mais les similarités ne s'arrêteraient pas là. Selon LCI, la couleur de la boîte est la même et, surtout, une bande adhésive rouge aurait été appliquée dans les deux cas.

Autre point commun : le mélange de nitrate fioul, "utilisé dans les mêmes quantités" et "élaboré pour en augmenter l'effet destructeur", selon la chaîne. En revanche, le système de mise à feu serait plus rudimentaire. "Cette boîte contenait du nitrate fioul, une pile plate reliée à six détonateurs pyrotechniques et un détonateur transformé en 'inflammateur'. Il y avait aussi une minuterie domestique", ont indiqué mercredi les enquêteurs. Mais, la moindre sophistication du mécanisme de mise à feu pourrait s'expliquer, toujours selon LCI, par le manque de temps dont auraient disposé les terroristes.

"Sérénité"

Quant au fait que la seconde bombe était partiellement visible alors que le premier engin était entièrement enterré sous les voies, des sources proches de l'enquête interrogées par LCI évoquent l'hypothèse selon laquelle le passage d'une nettoyeuse de voies aurait mis au jour l'appareil. Cette opération expliquerait aussi la déconnexion des fils reliant la pile à la charge, la rendant inoffensive.

"Il semble qu'il y ait des différences. A l'heure où nous parlons il faut  être extrêmement prudent", a déclaré mercredi soir le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy. Plus tôt, le ministère de l'Intérieur, sans se prononcer sur la "dangerosité" de l'engin explosif, avait affirmé qu'il "ne correspondait pas à ce qui avait été annoncé dans les courriers signés AZF". Jean-Pierre Raffarin, en campagne électorale à Troyes, a invité dans la soirée "tout le monde à la sérénité jusqu'à la fin des expertises". La SNCF, quant à elle, a annoncé qu'elle allait lancer une nouvelle campagne d'inspection approfondie de son réseau ferré.

Par voie de presse

Le ministère de l'Intérieur a fait passer les 12 et 17 mars deux petites annonces dans le journal Libération pour reprendre contact avec le groupe AZF. "Toujours acheteurs C. Claudel. Authenticité vérifiable SVP. Discrétion assurée. Tel...  Fax... WE avant 16H00", disait la petite annonce. La première annonce a été suivie d'un coup de téléphone d'une femme donnant des indications pour une remise de rançon sur l'aérodrome de Lognes, en Seine-et-Marne, selon une source policière. Mais, selon Libération, les conditions météorologiques empêchent tout rendez-vous. Le 16 mars, le ministère de  l'Intérieur reçoit une nouvelle lettre d'AZF qui réitère ses menaces. Depuis, plus de nouvelles.

(Image LCI)

Par D.S. le 25 mars 2004 à 08:41
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