"Baffe" et "sanction" pour l'équipe Raffarin

Par Matthieu DURAND, le 22 mars 2004 à 10h31 , mis à jour le 22 mars 2004 à 17h19

Les journaux nationaux analysent le revers électoral enregistré par le gouvernement. Selon de nombreux observateurs, le premier tour des régionales pourrait sonner le glas pour Jean-Pierre Raffarin.

élections régionales une libération raffarin presse © INTERNE

La presse nationale française évoque unanimement lundi le revers subi par le gouvernement aux élections régionales, où la gauche (40%) devance la droite (34,5%). Le terme de "sanction" revient le plus souvent quand il n'est pas question de métaphores pugilistiques : France Soir parle d'une "baffe" pour Jean-Pierre Raffarin ; pour Libération, c'est toute "la droite [qui] se prend une bonne gauche". Moins imagé, Le Figaro n'en valide pas moins la thèse du "choc".

"Mobilisation"

Redouté par la majorité et espérée par l'opposition, "le vote-sanction a eu lieu", indique Libération. Il est le fait d'électeurs plus mobilisés que prévu : "pour la première fois depuis 1986, l'abstention a reculé", souligne Le Figaro. "Le gagnant, c'est le sursaut de citoyenneté qui a permis d'infléchir un dangereux mouvement d'abstention", se félicite Jacques Guyon dans la Charente Libre. Une "bonne nouvelle" pour la démocratie, confirme La Croix. "Pour la droite, cette mobilisation de l'électorat s'est donc traduite par une véritable déroute", analyse Libération. En effet, "le rapport droite-gauche s'est creusé" en faveur de l'opposition parlementaire, constate Le Figaro.

Si "la montée du vote contestataire n'a pas profité à l'extrême gauche" (Le Parisien), "le Front national s'affirme" (Le Figaro). "Avec un tel score, l'extrême droite est en mesure de provoquer des triangulaires dans dix-neuf régions et de gêner fortement les candidats de la majorité", analysent Les Echos. Il en résulte que "la gauche pourrait gagner jusqu'à neuf régions (…) sans en perdre aucune", selon La Tribune. "Seule consolation pour l'UMP : l'UDF n'a pas réussi à troubler le jeu dans la majorité", poursuit La Tribune. Le premier tour a d'ailleurs constitué pour François Bayrou un "rendez-vous manqué" (Le Parisien) ou un "pari" perdu (Le Figaro).

Raffarin "condamné"

Reste que les socialistes ont "le triomphe modeste" (Le Parisien). Si le PS sort ainsi de "deux ans d'apnée" (Libération), "dans les sondages, [il] n'apparaît pas encore en mesure d'incarner la grande force de l'alternance", selon Les Echos. Quant à la droite, elle "va essayer de limiter la casse" pour le second tour, annonce Le Parisien.

Mais, comme nombre de ses confrères, Sud-Ouest évoque "le désaveu personnel adressé au Premier ministre avec la victoire de Ségolène Royale qui se profile en Poitou-Charentes". Une victoire qui "sonne le tocsin" pour Jean-Pierre Raffarin, affirme François-Xavier Piétri dans La Tribune. Le Premier ministre "peut-il encore compter sur la confiance de Jacques Chirac ?", demande le quotidien économique, en évoquant "l'ampleur et la difficulté des réformes à venir". "Quand L'Elysée est dans la ligne de mire, le temps de griller le fusible ne tarde jamais", indique René Gérard dans La Provence. Serge July, dans Libération, est plus direct : "comme Premier ministre, [Jean-Pierre Raffarin] est condamné", ce qui "fait naturellement le bonheur de son rival (…) Nicolas Sarkozy".

photo : La "Une" de Libération (LCI)

Par Matthieu DURAND le 22 mars 2004 à 10:31
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