Battisti sera-t-il libéré ?

Par , le 03 mars 2004 à 17h12 , mis à jour le 24 avril 2006 à 13h04

Les juges se penchent ce mercredi sur la demande de libération de cet ancien militant d'extrême gauche italien, condamné à la perpétuité en Italie et incarcéré en France, Rome réclame son extradition à la grande colère de la gauche française.

battisti cesare

Les manifestations de soutien à Cesare Battisti se sont multipliées ces derniers jours alors qu'une demande de remise en liberté de cet ancien militant d'extrême gauche italien doit être examinée mercredi devant la chambre d'instruction de la Cour d'appel de Paris. Lundi soir encore, à Toulouse, entre 100 et 300 personnes se sont réunies pour réclamer la libération de l'ancien activiste devenu romancier et menacé d'extradition vers l'Italie.

Plus symbolique : le même jour, la majorité parisienne de gauche a accordé, contre l'opposition, "la protection de la ville de Paris" à l'ex militant, condamné par contumace dans son pays à la prison à vie pour quatre homicides pendant les "années de plomb". Les conseillers de gauche ont prévu de rejoindre le palais de Justice de Paris mercredi après-midi.

"Jurisprudence Mitterrand"

Se positionnant sur un plan moral, la gauche française réclame "le respect des engagements de la France" et "l'assurance que tous les autres réfugiés politiques italiens (...) ne seront pas extradés". A l'instar d'une centaine de ses compatriotes, Cesare Battisti a joui pendant 10 ans de la "jurisprudence Mitterrand". Selon cette politique, Paris n'extradait pas les sympathisants de l'extrême gauche italienne à condition qu'ils rompent avec leur passé militant.

Du point de vue juridique, les avocats de Battisti estiment pour leur part que la question de l'extradition de leur client a déjà été tranchée par les juges français en 1991. Pas question selon eux de rejuger une seconde fois cette affaire.

"Changement d'attitude"

Mais à Rome, ces arguments ne font pas mouche. Ils irritent même. "Ce monsieur doit payer sa dette à la justice", estimait encore mardi le ministre de la Justice pour qui "Cesare Battisti est un évadé et une personne recherchée". "Comme la gauche française soutient qu'en Italie, il règne un régime très proche du fascisme, et donc illégitime, alors [François Hollande] pense que quelqu'un qui a tué au nom de la gauche ne doit pas être extradé", a critiqué Roberto Castelli.

Côté gouvernement, la jurisprudence Mitterrand a été battue en brèche en 2002. Recevant son homologue italien, le garde des Sceaux Dominique Perben "assumait" alors un "changement d'attitude". Les deux ministres étaient convenus de passer l'éponge pour les faits datant d'avant 1982. Pour les faits commis dans la période 1982-1993, Dominique Perben avait dit que la France examinerait les dossiers "au cas par cas" en fonction des "conditions dans lesquelles s'étaient passés les procès en Italie". Le cas Battisti est en cours d'examen.

Par David Straus le 03 mars 2004 à 17:12
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

      logAudience