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D'un côté, Marie Trintignant, comédienne appréciée, femme libre et libérée ; de l'autre, Bertrand Cantat, chanteur de Noir Désir, icône de la jeunesse rebelle : l'affaire déclenche rapidement les passions. Pendant quelques jours, la plupart des radios stoppent la programmation des chansons de Noir Désir. Sur Internet, les forums consacrés au groupe croulent sous les messages, pro ou anti-Cantat, de fans abasourdis, avant de fermer.
Le 6 août, les obsèques de Marie Trintignant, précédées d'une cérémonie regroupant les figures du cinéma français, se déroulent au Père Lachaise à Paris. A la demande de la famille, elles sont célébrées en blanc. Elles émeuvent la France entière. Lors de sa prise de parole, Jean-Louis Trintignant fond en larmes : "Ne pleure pas celle que tu as perdue, réjouis-toi de celle que tu as connue".
LES POLEMIQUES
Une bataille d'avocats
Tout le mois d'août 2003, les conseils des deux parties s'invectivent par voie de presse interposée. Après que Bertrand Cantat a affirmé que le premier coup est venu de sa compagne, "hystérique", Me Kiejman, l'avocat de la famille Trintignant, menace de rendre publiques les photos du visage tuméfié de la victime.
Une soirée qui dérange
Le 5 septembre, une fête de soutien à Bertrand Cantat est organisée à Vilnius au "Paris", un café chic où se réunit la communauté française. Musique : Noir Désir. Projection sur grand écran : "Betty", le plus grand rôle de Marie Trintignant. La présence de la famille du détenu à cette soirée est très mal perçue par le clan Trintignant, qui parle "au mieux de maladresse, au pire de provocation".
Un incendie criminel
Alors que la famille du rocker est l'objet de menaces, au point de faire appel à une société de sécurité, un incendie criminel ravage sa maison landaise le 11 septembre en milieu de nuit. Kristina Rady, la femme de Bertrand Cantat, et leurs deux enfants auraient normalement dû se trouver sur place. La date n'a pas été choisie au hasard : il s'agit du deuxième anniversaire de la sortie de l'album "Des visages, des figures", où figure le titre "Le grand incendie", écrit et composé par le musicien.
La maison des Cantat ravagée
par un incendie criminel-
Un livre médiatique
Le 30 septembre, Nadine Trintignant publie un livre "Ma fille, Marie" (photo d'ouverture). Sans nommer Bertrand Cantat dans l'ouvrage, elle utilise le terme "meurtrier" à 83 reprises et celui d'"assassin" deux fois (qui juridiquement implique la préméditation). Me Metzner, le conseil du rocker, obtient de la justice la suppression du mot "assassin" et une mention rappelant la présomption d'innocence de son client. Mais 60 000 exemplaires de la première version ont été vendus. Dans un entretien accordé à "Elle", Nadine Trintignant reconnaît qu'elle espère "influencer le procès" avec cet ouvrage.
Un accident antérieur
L'accident de voiture de Marie Trintignant, blessée au visage en 1991, a-t-il laissé des séquelles à l'actrice ? La justice française refuse d'enquêter sur ce sujet. Mais Me Metzner a bien l'intention de l'aborder au procès.
Un SMS troublant
Quelques jours avant le drame, Marie Trintignant envoie un message à sa mère. Il est composé du premier vers de "Recueillement", un poème de Baudelaire : "Sois sage, O ma douleur, et tiens-toi plus tranquille". Il est surtout signé "ta fi-fille battue". Néanmoins, sans en connaître le contexte précis, cet élément semble peu significatif.
Bertrand Cantat en a fini avec la justice
Le contrôle judiciaire imposé au chanteur de Noir Désir, depuis sa libération conditionnelle en octobre 2007, prendra fin jeudi. Condamné pour le meurtre de Marie Trintignant, il aura fini de purger sa peine.
Publié le 28/07/2010
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