© INTERNEComment Nicolas s’est-il retrouvé à l’affiche de Podium ?
Un peu par hasard. Il y a deux ans, j’ai lu dans un magazine ciné une annonce dans laquelle ils recherchaient un petit garçon pour un film. Avec mon mari, on trouvait que la description du rôle correspondait bien au caractère de Nicolas, c’était assez rigolo. On a envoyé une photo mais personne ne nous a jamais répondu, et on a oublié cette histoire… Un an après, on nous a appelés pour le casting d’un autre film : celui de Yann Moix. Nicolas était d’accord, trouvant l’idée amusante. Nous nous sommes donc rendus au casting, le 1er octobre 2002.
Comment s’est déroulé le casting ?
Très bien. J’ai même été agréablement surprise ! J’imaginais une longue queue avec plein d’enfants et des mères hystériques. En fait pas du tout. C’était sur rendez-vous et très calme. Pendant l’entretien, ils ont demandé à Nicolas de se présenter et de réciter son texte, un bout du scénario reçu quelques jours avant. (La scène dans laquelle Benoît Poelvoorde se met en colère parce que son fils décroche le faux téléphone, NDLR)
Aviez-vous préparé Nicolas à tout ça ?
Oui, plus ou moins. Avec mon mari, on a beaucoup discuté avec lui en lui expliquant les choses simplement. Avant le casting, on lui a bien dit qu’il ne serait pas forcément retenu, qu’il fallait prendre cela comme un jeu. Pour apprendre son texte, Nicolas a travaillé comme s’il avait une leçon à apprendre pour l’école. On lui a expliqué ce qu’il ne voyait pas à travers les lignes, en lui disant par exemple que là son personnage se fait gronder etc. Pour le casting, on ne lui a rien dit de particulier, c’est un enfant assez expansif, assez naturel. Il était comme d’habitude.
Comment avez-vous géré de front école et cinéma ?
Le tournage des scènes de Nicolas a eu lieu pendant une dizaine de jours étalés sur trois mois, dont la moitié pendant les vacances scolaires. Il a dû manquer en tout cinq à six jours de cours. Et puis, il était en CE2 -donc pas franchement débordé-, il n’avait donc pas grand-chose à rattraper. C’est un copain ou moi qui lui rapportions les devoirs.
Faut-il une autorisation spéciale pour qu’un enfant tourne ?
Oui. Pour les " petits acteurs ", la production du film réalise un dossier pour la Ddass ; c’est elle qui donne son approbation pour que l’enfant tourne. Elle s’assure que le scénario n’aura pas des conséquences psychologiques néfastes sur l’enfant, que sa scolarité n’en pâtira pas. Elle demande également une lettre du directeur d’école autorisant l’enfant à manquer et un certificat d’un médecin du spectacle. Parallèlement, la production monte un autre dossier pour le second enfant, la doublure. C’est fait très sérieusement. Et toutes ces étapes sont très bien expliquées à l’enfant par l’équipe du film.
Comment s’est déroulé le tournage ?
Il s’est très bien passé, grâce à l’équipe ! Son " coach " s’occupait de lui à temps plein. C’était une jeune fille, sorte de super baby-sitter du monde du ciné ! Son rôle consistait à venir chercher l’enfant chez nous, à le ramener et à veiller sur son confort pendant le tournage. Cela va du mal de ventre, au " j’ai envie de faire pipi ", en passant par, " il faut que tu révises ta scène car ça va être ton tour ". Elle faisait très bien son boulot. Comme c’était le seul enfant du tournage, il était très choyé par toute l’équipe.
Comment a-t-il vécu cette soudaine célébrité ?
Normalement. Au début, il n’a pas parlé du film autour de lui. Puis il l’a raconté à ses trois meilleurs copains et cela a rapidement circulé dans l’école. Quant au film, il adore ! Il est allé le voir plusieurs fois. La dernière, c’était avec son grand-père.
Est-ce le début d’une grande carrière ?
Qui sait ? En tout cas cette expérience lui a beaucoup plu. Il ne dit pas " je veux être acteur " mais explique que ça lui plaît de faire du cinéma. Et c’est l’essentiel. Il sait que c’est compliqué.
Quand Nicolas a été choisi pour Podium, la production nous a conseillé de l’inscrire chez un agent, parce que ça se fait, parce que ça évite aux parents de parler argent. L’agent nous appelle de temps en temps pour nous proposer d’autres castings. Depuis la fin de l’année, il a dû aller à cinq ou six castings, il a régulièrement des propositions. On découvre peu à peu ce monde. On n’a pas encore beaucoup d’expérience !
Quels conseils donneriez-vous aux parents dont l’enfant veut faire du cinéma ?
Il faut que l’enfant sache ce qui va se passer, qu’il soit conscient qu’il y a parfois de longs moments d’attente entre deux prises, et que parfois il ne fera rien. Et surtout, il faut que ça l’amuse. Nicolas attendait les journées de tournage avec impatience. Si ça l’avait barbé, il n’aurait pas eu envie de recommencer.
Enfin, il faut veiller à ce que l’enfant garde les pieds sur terre. S’il commence à faire le malin avec ses frères et sœurs à la maison, ne pas hésiter à le ramener à la réalité.
Etait-il fan de Claude François ?
Non, avant le film, il ne connaissait pas le chanteur. Avec mon mari, on lui a acheté une compilation de ses plus grands succès… Pendant un an, on a vécu au son de Cloclo !
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