Le mystère AZF

Par F.A., avec AFP, le 03 mars 2004 à 16h15 , mis à jour le 03 mars 2004 à 22h05

Qui se cache derrière le groupe menaçant de faire exploser des bombes sur le réseau ferré ? Pour l'instant, les enquêteurs disposent de revendications plus ou moins obscures et de quelques indices matériels.

chemin de fer bombe azf © INTERNE

Surgi de nulle part le 14 décembre dernier, AZF reste pour l'instant une énigme pour la police française. Pour percer la personnalité de ses membres, les enquêteurs disposent essentiellement des six lettres, postées en région parisienne et parvenues à la fois à l'Elysée et au ministère de l'Intérieur.

"Ces écrits laissent penser à un groupe sectaire" souligne une source judiciaire, à une "confrérie laïque" pour Le Monde. Le directeur général de la police nationale, Michel Gaudin, exclut de son côté pour l'instant "la piste islamiste ou une filière tchétchène".

"Economie dévoyée"

Dans son premier courrier, "le groupe AZF", comme il se nomme lui-même, se contente d'annoncer son existence, sans menace ni chantage. Tapée à l'ordinateur, la lettre dénonce pêle-mêle une "économie dévoyée", des "politiciens davantage occupés d'eux-mêmes que de l'Etat", un "enseignement réducteur". AZF demande également la remise des "systèmes sociaux-économiques au service de l'individu" afin de "relancer le progrès. "Vous entendrez bientôt parler de nous", promet enfin le texte. Le deuxième courrier est envoyé fin janvier. S'y excusant presque de ne pas avoir été plus rapide, AZF explique qu'il n'était "pas prêt". Il ajoute toutefois que sa "détermination" est "totale" et être "capable de se livrer au chantage le plus machiavélique".

C'est dans la troisième lettre, arrivée le 13 janvier, qu'apparaissent pour la première fois des menaces précises, assorties d'une demande de rançon de quatre millions de dollars et un million d'euros. Une autre lettre parvient à ses destinataires le 17 février, pour leur reprocher d'être "lents" à donner satisfaction au "groupe AZF". Ce dernier rappelle qu'il constitue un "groupe de pression à caractère terroriste".

Bombe sophistiquée

Le cinquième courrier, arrivé le 21 février, indique qu'une bombe a été déposée sous la voie ferrée du Paris-Toulouse, à Folles (Haute-Vienne), au nord de Limoges. Les enquêteurs de la direction centrale de la Police judiciaire y trouveront un engin constitué d'un "tupperware" blanc, de forme ronde et légèrement bombée sur sa partie supérieure". Enfin, une sixième lettre parvenue le 26 février reproche encore une fois à l'Etat d'être trop lent à donner satisfaction.

Outre ces lettres, deux indices matériels sont à la disposition des enquêteurs : bien qu'artisanale, la bombe retrouvée à Folles est en effet très sophistiquée, "digne d'un artificier ou d'un élève très doué". AZF assure d'ailleurs que ses bombes sont équipées d'un système de dateur programmé pour provoquer l'explosion des engins à des dates différentes. Autre possibilité de remonter à la source : le contact téléphonique, "très bref", qui a eu lieu pour déterminer le lieu de rendez-vous pour la remise de la rançon. Selon Le Monde, la voix était féminine.

(image TF1 : l'endroit où a été trouvée la bombe à Folles)

Par F.A., avec AFP le 03 mars 2004 à 16:15
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