© INTERNEAprès avoir effectué des remplacements au lycée Albert-Camus de Nantes au cours de l'année dernière, Kevin Jamin, jeune enseignant vacataire de 29 ans, assurait cette année cinq classes de 2nde, 1re et Terminale dans le même établissement. Lundi 8 mars, alors qu'il tenait sa 199e heure de cours d'histoire-géographie, le jeune homme a vu surgir le proviseur du lycée qui lui a demandé de rentrer chez lui. Pour l'enseignant, les motifs de son éviction sont claires : on a voulu éviter qu'il atteigne le seuil de 200 heures de cours au-delà duquel on aurait dû le "contractualiser" jusqu'en juillet. Il devrait être remplacé par un "titulaire en zone de remplacement" (TZR).
La réaction des professeurs et des élèves du lycée n'a pas tardé : une bonne partie d'entre eux se sont mis en grève mardi en signe de solidarité. Une délégation a également été reçue au rectorat. "M. Jamin a été embauché parce que nous ne trouvions pas de TZR en novembre, et il savait que sa vacation ne durerait que 200 heures", a déclaré une source au rectorat de Nantes. "C'est la façon dont cela s'est passé, en plein cours, qui a créé l'ébullition, ainsi que le bon contact que M. Jamin avait semble-t-il établi avec ses élèves", a benoîtement déclaré cette même source.
"Contractualisé sans problème l'an dernier"
Kevin Jamin ne cache pas sa tristesse. "La direction préfère infliger un troisième prof aux élèves dans la même année scolaire plutôt que de me contractualiser", regrette-t-il. Tout en reconnaissant que "le problème ne se poserait pas si [il avait] eu le CAPES l'année dernière".
"Contractualisé sans problème au bout des 200 heures" de cours, en 2002-2003, l'enseignant reconnaît ne pas s'être inquiété à l'approche du seuil fatidique des 200 heures cette année. Une assemblée générale devait réunir les grévistes au lycée mercredi matin pour déterminer la suite à donner à leur mouvement.
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