© INTERNEUne "forte majorité des enseignants" du collège Rémy-Faesch de Thann dans le Haut-Rhin observaient mardi un mouvement de grève pour protester contre la présence d'une élève qui assiste aux cours la tête couverte. L'un d'eux avait accroché une banderole sur les grilles de l'établissement qui proclamait : "Oui à l'éducation pour tous, oui à la citoyenneté, oui au respect de l'élève, oui au respect de l'enseignant, oui au respect du règlement intérieur (souligné deux fois), oui à la solidarité, non au forcing envers et contre tout (tous)".
Exclue en novembre du collège Charles-Walch de Thann, la petite Hilal est inscrite depuis le 10 février au collège Rémy-Faesch, où elle s'est engagée, selon l'inspecteur d'Académie, à aller en classe avec un bandana recouvrant ses cheveux et ses oreilles, mais laissant son front découvert. "Le compromis entre la famille et notre hiérarchie a été conclu sans concertation aucune", se sont indignés lundi les enseignants dans un communiqué pour qui "le terme erroné de 'bandana' a trompé tout le monde".
"Troubles parmi les élèves"
La scolarisation d'Hilal "engendre des troubles parmi les élèves et tout le personnel de l'établissement", ont estimé les enseignants qui assurent que désormais "certains élèves s'arrogent le droit d'arriver en cours avec un couvre-chef". Les grévistes font valoir "le profond désarroi et les questions pressantes des élèves devant ce foulard bafouant en plein cours le règlement intérieur". Ils réclamaient notamment que l'inspecteur d'académie expose "sa position clairement". Ce dernier a répondu en affirmant que "ce sont les enseignants eux-mêmes qui créent aujourd'hui le trouble, ce ne sont ni la petite fille, ni sa famille".
Philippe Hemez estime que "le compromis a été parfaitement respecté à la rentrée de lundi après une période avant les vacances durant laquelle l'élève avait tendance à attacher le bandana à son col roulé. Le compromis conclu est la meilleure solution qui pouvait être trouvée et qui pourra sans doute être atteinte également dans le cadre de la nouvelle loi qui doit rentrer en vigueur en septembre prochain car celle-ci prévoit une période de dialogue et d'échange".
Le règlement intérieur stipule que "les signes ostentatoires, qui constituent en eux-mêmes des éléments de prosélytisme ou de discrimination, sont interdits". Cependant, "le port par les élèves de signes discrets manifestant leur attachement personnel à des convictions, notamment religieuses, est admis dans l'établissement", précise l'article du règlement consacré au "comportement" et à la "tenue" des élèves.
(Image d'archive TF1)
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