10 000 euros d'amende requis contre Dieudonné

Par afp, le 02 avril 2004 à 08h40 , mis à jour le 02 avril 2004 à 19h57

L'humoriste a comparu ce vendredi devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour "diffamation raciale" à la suite de propos tenus lors de l'émission de Marc-Olivier Fogiel sur France 3 en décembre. Le jugement sera rendu le 27 mai.

dieudonné tribunal © INTERNE

Pour l'accusation c'est de la diffamation raciale méritant 10 000 euros d'amende, pour la défense de l'humour : le sketch de Dieudonné sur France 3, qui avait provoqué réactions et annulations de spectacles, a été disséqué vendredi au tribunal correctionnel de Paris. Le procureur, qui a requis l'amende de 10.000 euros, a estimé que l'ensemble de l'intervention a jeté le discrédit sur la communauté juive. Le jugement sera rendu le 27 mai.

Le 1er décembre, invité en direct de l'émission de Marc-Olivier Fogiel "On ne peut pas plaire à tout le monde" pour faire une "nécrologie" humoristique de Jamel Debbouze, Dieudonné était apparu coiffé avec les papillotes et le chapeau noir caractéristiques des juifs orthodoxes. Considéré comme antisémite, le sketch, qui faisait référence à un "axe américano-sioniste", avait déclenché de nombreuses réactions. Il a aussi conduit plusieurs salle, notamment l'Olympia, à annuler des spectacles en raison de l'ampleur du dispositif de sécurité nécessaire du fait de lettres de menaces.

Liberté d'expression

A l'audience, Dieudonné s'est dit plusieurs fois "très étonné d'être ici (...), étonné de la polémique déclenchée par le sketch". Pour l'humoriste, il s'agissait de caricaturer un "colon israélien, intégriste, extrémiste, militaire". Il s'est défendu d'être antisémite et s'est présenté comme "laïc, athée et républicain". Il a expliqué que son salut bras tendu à la fin de son intervention n'était rien d'autre qu'un salut romain et qu'il n'avait pas dit "Heil Israël" mais seulement "Israël".

Pour le procureur, Laurent Zuchowicz, l'humoriste a fait un "amalgame", une "confusion" entre le juif religieux (représenté par le chapeau et les papillotes) et la politique hégémonique impérialiste qui peut être prônée par certains colons israéliens. Après ce sketch, "que va penser un jeune dans la rue quand il va croiser un homme avec un chapeau et des papillotes ?", interroge le procureur qui estime que si second degré il y avait, il n'était pas évident de le percevoir.

La défense a de son côté fait témoigner plusieurs humoristes, comme l'un des anciens auteurs des Guignols de l'info, Benoît Delépine, ou Stéphane Alévèque pour défendre la liberté d'expression. Présent en début d'audience, Dieudonné, qui devait assurer un spectacle en province dans la soirée, est parti avant les réquisitions. Il était accompagné de nombreux fans qui à l'intérieur et à l'extérieur de la salle d'audience, ont manifesté parfois bruyamment leur soutien.

(photo : Dieudonné à sa sortie du tribunal)

Par afp le 02 avril 2004 à 08:40
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