© INTERNELa traditionnelle méfiance des fonctionnaires de l'Education envers les autres ministères se fissure de jours en jours. Après la tentative infructueuse de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, de placer des "policiers référents" dans les établissements scolaires difficiles, c'est au tour de la Place Vendôme de s'immiscer dans la vie quotidienne des écoles.
Mercredi, à la Sorbonne, les ministères de la Justice et de l'Education, le procureur de la République et le rectorat de Paris ainsi que Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ), devraient signer une "convention sur les infractions en milieu scolaire". Le but : traîter "en temps réel" les actes de délinquance les plus courants relevés dans les établissements de la capitale qui scolarise 241.000 élèves dans 582 établissements (écoles, collèges et lycées). La liste est précise : il s'agit de réprimer plus rapidement les "dégradations volontaires, tags, outrages, injures, menaces de toutes natures, usages de stupéfiants, violences physiques légères (sans armes) commises en raison de l'appartenance vraie ou supposée d'une race, ethnie, ou religion, ou stigmatisant des comportements supposés", précise le rectorat.
Concrêtement, le système prévoit la création de délégués ou "correspondants-justice" qui seront chargés de récolter en temps réel les "signalements" d'élèves violents auprès des inspecteurs de l'Education nationale et des chefs d'établissement des écoles, collèges et lycés parisiens. Une mesure dont les auteurs souhaitent qu'il apporte une solution adaptée et rapide à la croissante délinquance des jeunes. En sanctionnant les faits avérés par des travaux d'intérêt général, par exemple. Le ministère de l'Education nationale a rescensé 1.924 incidents violents à Paris en 2002-2003, contre 2.219 en 2001-2002. Les actes les plus graves (d'ordre sexuel ou des violences entraînant des interruptions de travail) ne seront pas concernés par la convention.
" Ça pourrait nous faciliter la tâche…"
Cette annonce a semble-t-il été bien accueillie par les chefs d'établissements interrogés par tf1.fr. "Cela peut nous aider énormément sur les affaires les plus importantes, celles qui peuvent avoir des suites pénales. Aujourd'hui, par rapport à la justice, on a parfois du mal à avoir la bonne personne, la bonne structure", note Patrick Joinie-Maurin, proviseur du lycée professionnel Belliard, dans le XVIIIe arrondissement. Pour les affaires "courantes", il se félicite du "maillage satisfaisant" existant avec la police du quartier.
Dans l'arrondissement voisin, le XIXe, on accueille la nouvelle avec une bienveillance teintée de méfiance. "L'ingérence dans nos affaires, ce n'est pas toujours une bonne solution mais s'il s'agit d'établir une relation saine avec ce correspondant, ça pourrait nous faciliter la tâche", explique Michèle Delgorge, principale du collège Rouault. Aujourd'hui, même s'ils ne sont pas quotidiens, les actes de délinquance dans son établissement lui prennent "un temps fou". "Un coût horaire de trois heures à chaque fois" au commissariat du coin. Sans compter le travail à accomplir auprès des familles. "Mais ça, c'est mon métier", lance-t-elle fièrement.
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