© INTERNEUn reportage du cinéaste Elie Chouraqui programmé jeudi soir sur France 2, sur deux établissements scolaires de Montreuil, l'un public, l'autre juif, et sur la "haine ordinaire" qui opposerait leurs élèves, a suscité une polémique. Le ministre de l'Education nationale s'est rendu à Montreuil (Seine-Saint-Denis) où il a tenu un point de presse avec son maire, Jean-Pierre Brard (app. communiste).
"Face à des actes racistes ou antisémites, aucune excuse personnelle, aucune raison extérieure, aucune explication sociale ne sont acceptables", a déclaré le ministre. "Chacun doit savoir que le gouvernement sera intraitable. En la matière, seule la tolérance zéro est acceptable", a-t-il ajouté au côté du maire. Il a toutefois déclaré que les auteurs de tels actes "sont souvent des jeunes gens en situation difficile qui ont à l'évidence le plus grand besoin d'être compris, aidés, en un mot éduqués". Ainsi, a-t-il ajouté "nous avons plus que jamais besoin d'une école dont la mission est d'être le creuset de la République".
Le ministre de l'Education nationale et Jean-Pierre Brard ont décidé d'allumer un contre-feu à la polémique qui s'est instituée au collège Paul Eluard et au lycée ORT (Organisation reconstruction travail), un établissement juif laïque. La diffusion de l'émission aurait également provoqué un débat au sein de France 2 où il a été décidé de flouter des visages et gommer quelques propos considérés violents. "Nous sommes fiers de ce reportage, nous en garantissons l'éthique et la déontologie", a déclaré jeudi à l'AFP Françoise Joly, rédactrice en chef de l'émission. Elle a également affirmé n'avoir été saisie d'aucune plainte.
Le reportage d'Elie Chouraqui, qui a passé son enfance à Montreuil, traite d'agressions antisémites ces dernières années aux abords du lycée ORT. Il interroge des lycéens qui y ont été confrontés ainsi que des collégiens d'origine arabe dont certains auraient revendiqué ces agressions "au nom du conflit israélo-palestinien". Le cinéaste a interviewé uniquement des adolescents, son propos n'étant pas de rencontrer des adultes.
Les deux directrices d'écoles, qui avaient visionné la cassette avant coupes, incrustations et floutage (ce qui n'aurait pas dû se produire, selon France 2), ont estimé dans un communiqué que "cela risque de détruire un travail de fond entrepris depuis plusieurs années par les deux établissements pour dénoncer le repli communautaire".
Elles ont également déploré que le reportage passe sous silence des initiatives communes : un voyage ensemble à Auschwitz en 2002, un travail simultané en 2003 sur le livre de Tahar Ben Jelloun "Le racisme expliqué à ma fille" et, cette année, un concours de poésie organisé par la mairie de Montreuil sur le thème du racisme.
Photo de Une : LCI (archives)
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