Jambert : une troublante contre-expertise

Par P.M., le 28 avril 2004 à 11h12 , mis à jour le 28 avril 2004 à 11h21

L'autopsie pratiquée la semaine dernière par deux médecins légistes lyonnais contredit la thèse de l'assassinat entrouverte par le travail d'une autre spécialiste. Une troisième autopsie pourrait être pratiquée dans les jours à venir.

Le gendarme Christian Jambert mort en 1997 atil t assassin ? © Manreo

Le travail des deux médecins légistes lyonnais n'est pas encore achevé qu'il sème déjà la confusion dans l'enquête sur la mort violente du gendarme Jambert, le 3 août 1997. Selon Le Parisien, la thèse du suicide du gendarme, qui enquêtait sur l'affaire des disparus de l'Yonne durant les années 80, serait relancée par cette nouvelle autopsie qui considèrerait que le gendarme a été touché de deux balles, "l'une entrée par la bouche et l'autre juste-au dessus de la lèvre". "Cette conclusion rend crédible l'hypothèse d'un double tir, phénomène déjà constaté avec une carabine 22 long rifle", écrit le Parisien.

Les conclusions de cette nouvelle expertise contredisent celles établies le 2 avril dernier par le professeur Dominique Lecomte, directrice de l'Institut médico-légal de Paris qui excluait quasi-automatiquement la thèse du suicide, défendue depuis toujours par la justice auxerroise. Selon elle, la première balle était entrée par la bouche de Christian Jambert, la seconde par la tempe gauche. Ce dernier fait est remis en cause par les experts lyonnais. "L'impact relevé à cet endroit pourrait correspondre à la trace laissée par un projectile qui aurait ricoché à l'intérieur de la boîte crânienne du gendarme", note le Parisien qui relève que "les experts estiment que la confusion pourrait être due au fait qu'une aiguille avait été passée dans le crâne du défunt par le médecin urgentiste qui, en août 1997, avait pratiqué l'examen post mortem".

"Rester prudent"

"Il faut rester très prudent par rapport à cette information", a déclaré à l'AFP Pierre Monnoir, président de l'Association de défense des handicapés de l'Yonne (ADHY) ajoutant qu'une "troisième expertise", selon ses informations, "serait réalisée ces prochains jours". Par ailleurs, le cabinet de Me Didier Seban, défenseur de la fille du gendarme Jambert, a déclaré mercredi matin à l'AFP qu'il "n'avait pas été mis au courant de ce rapport et qu'il était dans l'attente d'en lire les conclusions".

Photo archives : Christian Jambert.

Par P.M. le 28 avril 2004 à 11:12
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