Juge de Nanterre : ni espion, ni pression ?

Par D.S., le 11 avril 2004 à 15h33 , mis à jour le 11 avril 2004 à 20h53

Pour "L"Express", les soupçons de pression et d'espionnage formulés par les trois magistrats du tribunal de grande instance de Nanterre ne sont pas fondés. L'hebdomadaire s'appuie sur les premiers éléments de l'enquête de la brigade criminelle.

Prache Fabien Pierce Catherine Schaller Fabienne Trib Nanterre Juppé © INTERNE

30 janvier 2001 : la condamnation d'Alain Juppé dans l'affaire des emplois fictifs du RPR provoque une onde de choc. Dans les jours qui suivent, une seconde secousse parcourt les mondes politique et judiciaire. Les trois magistrats en poste au tribunal de grande instance de Nanterre, à l'origine de la condamnation, assurent avoir été espionnés : écoutes téléphoniques, fouille des bureaux, piratage informatique.

Selon l'Express, aucun des éléments recueillis depuis deux mois dans l'enquête de la brigade criminelle n'accrédite la thèse des pressions et de l'espionnage. L'hebdomadaire révèle ainsi que l'analyse de  la serrure du tiroir du bureau d'Alain Prache, l'un des assesseurs de la 15e chambre du tribunal correctionnel, ne montrait "aucune trace d'effraction". Le magistrat s'était plaint qu'elle n'ait plus fonctionné à partir du mois d'octobre 2003, époque du procès Juppé, et qu'un cheveu scotché entre deux tiroirs, en guise de scellés, ait disparu.

Ecoutes sauvages possibles

Autre exemple : selon des experts informatiques, cités par l'Express, si l'ordinateur d'Alain Prache s'est bloqué mi-janvier, durant le délibéré, c'est en raison d'une mauvaise manipulation d'une disquette et non à cause d'une intrusion dans le disque dur. Le magazine explique encore comment les enquêteurs ont pu écarter l'hypothèse de micros placés dans les bureaux ou celle des pressions par appels anonymes.

Les deux juges d'instruction de Nanterre, Isabelle Prévost-Desprez et  Florence Vigier, chargées de cette affaire, se sont fait confirmer par la commission nationale des contrôles des interceptions de sécurité qu'aucune écoute administrative officielle n'avait été ordonnée. Reste que l'hebdomadaire n'écarte pas l'hypothèse d'écoutes sauvages.

Le 8 mars, la mission d'enquête administrative, mise en place par le président de la République, avait constaté que les trois juges avaient assuré "n'avoir subi aucune pression visant à influencer leur décision" mais avait pointé du doigt des déficiences sur la sécurité au tribunal de Nanterre. "Si le dossier en reste là, les juges d'instruction pourraient donc clore leur enquête avant l'été", conclut l'Express.

(Images d'archives TF1: les trois magistrats, Fabien Prache, Catherine Pierce et Fabienne Schaller)

Par D.S. le 11 avril 2004 à 15:33
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