© INTERNEA l'occasion de son conseil national, le Parti socialiste a énoncé samedi le double défi de l'après-28 mars : combattre l'idée que sa victoire dans les régions permet de neutraliser la politique gouvernementale et éviter la résurgence de la division de la gauche lors du scrutin à hauts risques des élections européennes.
Alors que les socialistes ont fait campagne sur le thème "l'alternance commence demain dans les régions", les dirigeants du parti, à l'unisson sur ce point, ont mis en garde contre "une illusion trompeuse". "Nous ne sommes pas devant une cohabitation d'un nouveau type. C'est le gouvernement qui a la responsabilité" de la conduite du pays, a déclaré François Hollande. "Les régions ne peuvent à elles seules contrecarrer les effets de la politique gouvernementale", a ajouté le patron du PS, très sévère à l'égard du président Jacques Chirac qui se prétend, selon lui, "ni responsable, ni coupable".
Le numéro deux du PS, Laurent Fabius, également féroce avec le chef de l'Etat, a abondé dans ce sens tout en insistant sur le fait que "les engagements pris par les socialistes dans les régions devront être tenus". Devant le danger de la "confusion" entre gestion de droite au sommet et gestion décentralisée de gauche, le PS doit "être dans une opposition sans concession pour que reste la conscience que nous ne sommes ni de près ni de loin en capacité d'exercer le pouvoir", a souligné de son côté Henri Emmanuelli, animateur du courant "Nouveau Monde" (gauche du parti).
Dissensions sur l'Europe
Le débat a été nettement moins consensuel sur l'Europe, alors que les socialistes commencent à préparer les élections du 13 juin. Alors que le PCF est farouchement opposé au projet de Constitution européenne, François Hollande a estimé qu'il fallait "montrer qu'il y a un chemin possible pour toute la gauche". Il a souhaité "le rassemblement du PS dans une démarche clairement européenne", partant d'"une volonté d'Europe politique et sociale".
Sur ce chapitre, les minorités du PS (40% du total) ont fait entendre leur différence. "Si vous dites que vous êtes pour la Constitution européenne, nous sommes perdus!", a lancé l'ex-ministre Jean-Luc Mélenchon, car pour lui le sens du vote des 21 et 28 mars, "c'est que le peuple français ne veut pas du libéralisme". "Attention à ne pas faire le grand écart" entre la défense des acquis sociaux à Paris et un ralliement à l'idéologie néo-libérale de Bruxelles, a averti Vincent Peillon (Nouveau parti socialiste d'Arnaud Montebourg).
| Décentralisation : Raffarin accorde une audience aux présidents de régions PS |
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(photo lci : François Hollande lors de son discours)
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