Affaire Alègre : l'enquête du gendarme Roussel au pilori

Par P.M. (Avec AFP), le 05 mai 2004 à 14h24 , mis à jour le 05 mai 2004 à 16h36

Un rapport de l'inspection technique de la gendarmerie accable le travail de l'adjudant sur le volet proxénétisme de l'affaire Alègre. L'enquêteur, aujourd'hui à la retraite, est soupçonné d'avoir commis de "graves irrégularités" tout au long de son travail.

roussel alègre © INTERNE

C'est un véritable réquisitoire. Chargés, le 18 février par le juge toulousain Thierry Perriquet, d'éclaircir les conditions dans lesquelles la cellule Homicide 31 a mené ses investigations sur le volet proxénétisme de l'affaire Alègre, l'inspection technique de la gendarmerie "a découvert nombre de dysfonctionnements au sein de l'unité d'enquête", selon Le Monde et France Info. 

"Procès-verbaux antidatés, auditions hors procédure, interventions suspectes du parquet de Toulouse" : dans leur rapport remis le 21 avril au juge Perriquet, les gendarmes dénoncent de "graves irrégularités" dans le fonctionnement de la structure mise en place par l'adjudant Roussel. Celui-ci est "soupçonné par ses anciens collègues d'avoir à tout prix voulu accréditer la version de prostituées, qui accusaient de viols répétés Marc Bourragué, l'ancien substitut du parquet de Toulouse et l'ancien maire, Dominique Baudis". En outre, selon le journal, les gendarmes fustigeraient les "curieuses méthodes d'enquête" de leur collègue. Michel Roussel aurait "entendu souvent seul les témoins-clés, Fanny et Patricia, enregistré leurs conversations et réalisé des auditions dans sa voiture".

"Une mise en cause montée de toutes pièces…"

D'après Le Monde, le commandant de la section de recherches de Toulouse, le lieutenant-colonel Philippe Henry, a confié le 6 avril aux enquêteurs que "Roussel s'est trouvé isolé au sein de sa cellule, conforté dans son approche de l'enquête par M. Heinisch - substitut du procureur de Toulouse. Les tentatives de redressement que j'ai faites sont restées vaines, au prétexte, selon ce magistrat, que seul Michel Roussel était capable de faire parler les filles". M. Roussel n'a pu être joint par l'AFP, tandis que le parquet n'était pas immédiatement disponible pour une réaction. Sollicité par Le Monde, il n'a pas souhaité faire de commentaires.

Le parquet de Toulouse est pourtant au cœur du rapport de la gendarmerie qui le soupçonne "d'avoir voulu charger le substitut Bourragué au motif d'inimitiés anciennes". Selon Le Monde, "l'enquête a établi que des pièces de procédure avaient été antidatées et que la déposition d'une ex-prostituée avait été rédigée avant même son audition. La photo du substitut Bourragué semble même avoir été placée dans le dossier par des magistrats qui souhaitaient régler des comptes avec lui". Un élément à charge qui fait dire à l'avocat de Marc Bourragué, Me Laurent de Caunes, sur France Info : "Mon client a fait l'objet d'une mise en cause montée de toutes pièces à partir d'une enquête préliminaire ahurissante dans la forme comme dans le fond".

Image TF1 : l'ex-adjudant Michel Roussel.

Par P.M. (Avec AFP) le 05 mai 2004 à 14:24
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