L'Asie en force à Cannes

Par Olivier CORRIEZ avec AFP, le 20 mai 2004 à 00h00 , mis à jour le 19 mai 2004 à 16h07

Le cinéma asiatique est à l'honneur en ce huitième jour de compétition avec le nouveau et attendu long métrage de Wong Kar-wai et le film d'animation japonais "Innocence".

Une image du film 2046 © INTERNE

Wong Kar-wai bénéficie d'une aura particulière dans le monde du cinéma. Il doit beaucoup de sa renommée au Festival de Cannes où il est venu pour la première fois en 1989 avec As Tears Go By. En 1997, il était en compétition avec Happy Together et trois ans plus tard avec In the Mood for Love qui vaudra à son acteur principal, Tony Leung, le prix d'interprétation. 2004, le cinéaste de Hongkong revient avec une œuvre de longue haleine dont le tournage a débuté en 1999. Si cela fait presque cinq ans que 2046 est en gestation, le plus grand secret l'entoure. Il se dit même que son réalisateur a revu la copie après sa sélection pour Cannes.

L'histoire se situe, comme le titre le laisse entendre, en 2046, soit cinquante ans après la rétrocession de Hongkong à la Chine. Après le départ de Su Lizhen, Zhou Miyun se réfugie dans l'écriture. Il pense écrire sur l'avenir (2046, référence au numéro de la chambre qu'occupait le couple de In The Mood For Love, le film-fétiche de Wong Kar-wai), mais en fait c'est sur le passé. Dans son roman, un mystérieux train part régulièrement pour 2046. Les voyageurs à son bord l'empruntent pour y retrouver leurs souvenirs. Un seul voyageur est revenu de 2046. Les fans de In the mood for love retrouveront avec plaisir ses deux principaux interprètes Tony Leung et  Maggie Cheug mais également l'actrice favorite de Zhang Yimou, Gong Li. Sans conteste, l'un des films les plus attendus de la 57e édition du Festival.

Manga japonais en compétition

Après Shrek 2, le cinéma d'animation s'offre un deuxième film en compétition, Innocence, du Japonais Oshii Mamoru, qui n'est autre qu'une suite au cultissime Ghost in the Shell de 1995. En 2032, la distinction entre l'homme et la machine a disparu. Etres humains et cyborgs cohabitent avec des poupées-robots. Le cyborg Batou, dont le corps est synthétique, abrite ce qui lui reste d'humanité : son cerveau et le souvenir d'une femme mystérieuse, le "Major". Batou, qui travaille en secret pour le contre-terrorisme, enquête sur une "poupée" conçue pour le plaisir, qui a massacré son propriétaire. Le célèbre studio Ghibli, à qui l'on doit les chefs d'œuvre Hayao Miyazaki, produit le film.

Photo : une image du film "2046" de Wong Kar-wai

Par Olivier CORRIEZ avec AFP le 20 mai 2004 à 00:00
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