© INTERNESi la question du mariage des homosexuels a été abordée mercredi matin en Conseil des ministres, rien ou presque n'en a filtré. A l'issue de la réunion hebdomadaire, le garde des Sceaux, Dominique Perben, a évité les micros sur ce sujet et sa consœur en charge de la Famille, Marie-Josée Roig a évacué la question par un "nous devons en discuter".
Jean-François Copé, pressé par les journalistes, ne s'est pas départi de la ligne fixée par Jacques Chirac lors de sa récente conférence de presse : "La loi et notre tradition en France, c'est que le mariage c'est une union entre deux personnes du sexe opposé", a rappelé le porte-parole du gouvernement. Pour les autres unions, une réponse a "été apportée à travers le PACS", a poursuivi Jean-François Copé qui a précisé que le gouvernement travaillait à l'amélioration de ce contrat.
Propositions de loi
La question du mariage gay s'est posée une première fois quand Noël Mamère a annoncé qu'il procéderait le 5 juin prochain dans sa mairie de Bègles au premier mariage de deux hommes. Elle s'est reposée une seconde fois mardi quand le socialiste Dominique Strauss-Kahn s'est déclaré en faveur d'une loi autorisant les unions entre homosexuels. Dans la foulée, socialistes et Verts ont annoncé leur intention de déposer des propositions de loi en ce sens, les premiers à l'automne, les seconds avant, "dès le 6 juin" peut-être.
Précipitation
Côté majorité, on temporise. "Il est important qu'un débat de cette importance soit abordé sans esprit partisan", a estimé mercredi le porte-parole du gouvernement. Ouvertement hostile au mariage gay, Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, ne voit qu'un "coup politique" de Strauss-Kahn en course pour la campagne présidentielle. Et de fustiger le PS qui a "débattu dans la précipitation".
Le socialiste Jean-Luc Mélenchon n'est pas loin de lui donner raison. Le dirigeant du courant Nouveau Monde a déploré mercredi sur RTL que "tout le monde soit sommé de donner son avis" dans la précipitation et a affirmé que le PS n'avait pas débattu "dans des conditions normales de sérénité". Dans la population, un sondage réalisé par IFOP pour le magazine Elle laisse à penser que les mentalités évoluent. Selon cette étude (1), près de deux tiers des Français (contre 55% il y a un an) estiment que les couples homosexuels devraient avoir le droit de se marier. 35% y restent opposés.
(1) réalisé par téléphone les 8 et 9 avril auprès de 1003 personnes âgées de 15 ans et plus (méthode des quotas)
(Image d'archives : Jean-François Copé)
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