© LCIDans la salle de la cour d'assises du Pas-de-Calais entièrement réaménagée pour le procès, les accusés sont assis, certains par couples, dans les cinq premiers rangs réservés habituellement au public. Ils sont 17 adultes, dont 6 femmes, à comparaître depuis mardi matin pour une affaire de viols en réunion sur 18 enfants de 1995 à 2000 dans une HLM d'un quartier populaire d'Outreau, près de Boulogne-sur-Mer. Trois des accusés ont reconnu les faits. Les 14 autres nient et six comparaissent libres. La plupart des victimes sont les propres enfants de couples jugés. Ils étaient âgés de 3 à 12 ans au moment des faits.
Cheveux noirs coupés courts, visage fermé, Myriam D., 37 ans, mère de quatre des enfants victimes et principale accusatrice du procès, a pris place au premier rang des accusés. Sans un regard pour son mari, Thierry D., 40 ans, barbe et cheveux courts, considéré comme l'organisateur des séances pédophiles et des sévices infligés aux enfants. Les avocats de la défense ainsi que des proches ont protesté de l'innocence des accusés. Un prêtre ouvrier a été acclamé par des proches à son arrivée, avant de s'asseoir au dernier rang de accusés.
"Les accusés sont des spectateurs de leur procès. Il faudra éviter l'amalgame du réseau, identifier chaque accusé, sa personnalité, éviter qu'ils soient tous mis dans le même sac", estime Me Franck Berton, l'un des avocats de la défense.
Cent trente témoins
Avant d'entrer dans le prétoire, Me Normand, un des avocats de la partie civile, a rappelé que les enfants qu'il défend souhaitaient témoigner publiquement. Leurs témoignages, jugés "crédibles" par la plupart des experts, sont attendus lors de la troisième semaine d'audience et devraient constituer l'un des moments forts du procès. Ils sont en effet, avec les trois aveux, les principaux éléments à charge contre les accusés. En attendant, la matinée de mardi a été consacrée à l'appel des quelque 130 témoins et à la désignation des jurés : six femmes et trois hommes.
En décembre 2000, les services sociaux avaient signalé à la justice des suspicions d'abus sexuels par un couple sur ses quatre enfants dans leur appartement de la tour du Renard. Dix-huit personnes au total - de 24 à 67 ans - ont été mises en examen dans cette affaire, mais l'une d'elles s'est suicidée en prison. En janvier 2002, des recherches à la tractopelle avaient même été effectuées, en vain, dans un jardin d'Outreau, pour tenter de retrouver le corps d'une fillette.
(Image LCI : ce matin, aux assises du Pas-de-Calais)
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