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Au procès d'Outreau, les premiers aveux

Edité par avec
le 05 mai 2004 à 16h58
Temps de lecture
3min
Outreau Pas-de-Calais Saint-Omer cour d'assises (lci

Crédits : LCI

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SociétéViols des enfants par une mère elle-même violée par son père, coups, alcool, suicide... Le récit de la vie du couple Delay, les deux principaux accusés du procès d'Outreau, a plongé la Cour dans un enfer familial.

Au deuxième jour du procès d'Outreau, consacré à l'examen des personnalités des 17 accusés, Myriam Delay, d'abord prolixe et parfois confuse dans ses propos, a éclaté en sanglots, répétant à l'issue de plus d'une heure d'interrogatoire avoir violé ses quatre enfants.

"Je ne me souviens plus avoir joué avec une poupée ou une dînette, je suis devenue adulte à l'âge de huit ans quand mon père m'a violée. J'ai violé mes propres enfants", a-t-elle déclaré dans un moment d'extrême tension. "C'est très difficile, je ne comprends pas pourquoi j'ai fait ça", a-t-elle ajouté, expliquant qu'en prison elle ne peut se regarder dans la glace parce-qu'elle se sent "sale" et n'a pas écrit à ses enfants, qui pourtant lui "manquent", parce-qu'elle a "honte".

"Demander pardon serait pitoyable"

Myriam Delay, qui a avoué au cours de l'instruction les viols de 11 des 18 enfants victimes dans l'affaire, est aussi l'une des principales accusatrices du procès et l'un des trois seuls accusés à avoir reconnu les faits.

Elle a décrit son enfance "dont elle ne garde que des mauvais souvenirs", disant avoir été "violée" et "prostituée" par son père et être restée avec son mari "par peur". "Demander pardon aux enfants serait pitoyable. Je n'ai toujours pas pardonné à mon père ce qu'il m'a fait", a-t-elle dit. Alors que l'avocat des enfants, Me Thierry Normand, lui demandait pourquoi elle, une "mère", ne les avait pas "protégés" et n'avait pas dénoncé immédiatement les viols et sévices, l'accusée a répondu: "je ne sais pas".

Interrogée par une avocate de la défense sur les raisons qui l'ont poussée à placer ses enfants, une fois les faits découverts, et à rester avec son mari qu'elle a décrit comme "alcoolique" et "violent", la battant à "coups de pieds et de poings", elle a ajouté : "Je ne pouvais pas. J'étais dans un engrenage, ça allait beaucoup trop loin".

Collectionneur morbide

Son mari, Thierry Delay, accusé des viols de 14 enfants, dont les siens, a selon les experts un profil d'"abuseur sexuel". Il a toujours nié les faits.

Il a dépeint son enfance avec un père "alcoolique et méchant", qui s'est suicidé à 63 ans. Il s'est décrit devant la Cour comme "alcoolique", "pas bien dans sa peau", "collectionneur de bouteilles, de timbres, de pièces et de fèves", avant que le président du tribunal n'ajoute: "...de crânes humains, de cassettes pornographiques et de godemichés". "Oui c'est des collections", a répondu Thierry Delay, condamné pour avoir volé des os dans des sépultures, et qui a avoué "avoir une fascination morbide de la mort".

Dans la matinée, la Cour avait entendu la boulangère ambulante Roselyne Normand, 45 ans, poursuivie pour viols et agressions, l'accusation minimale dans le dossier, et qui a nié les faits. Franck et Sandrine Lavier, proches des Delay, ont également été interrogés, dépeignant eux aussi leur histoire personnelle dans un contexte familial noir, sur fond d'alcoolisme et de tentatives de suicide.

L'audience se poursuivait à 18h00 par l'interrogatoire d'autres accusés.

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