© EurosportCoup de semonce pour l'équipe Cofidis. Une semaine avant le départ du Tour de France, voilà l'équipe cycliste française à nouveau salie par des histoires de dopage. Selon l'Equipe, David Millar, champion du monde du contre-la-montre et leader de l'équipe, aurait avoué aux policiers de la brigade des stupéfiants de Paris avoir consommé de l'EPO. A l'issue d'une garde à vue de près de 48 heures, le coureur "aurait reconnu avoir utilisé de l'Eprex (erythropoïetine)", écrit vendredi matin le quotidien sportif. Selon le journal, "le coureur n'avait pas vraiment le choix", dans la mesure où les enquêteurs auraient auparavant "découvert plusieurs ampoules vides d'EPO à son domicile".
Cofidis a annoncé vendredi qu'elle allait convoquer David Millar "pour qu'il s'explique sur ses déclarations"."Cofidis compétition, fidèle à sa position constante, attend d'avoir la connaissance du contenu des interrogatoires de David Millar. S'il était avéré que ce dernier ait reconnu s'être dopé, Cofidis compétition appliquera son principe de tolérance zéro et prendra immédiatement les sanctions appropriées", a ajouté le communiqué.
Interrogé par l'AFP à la fin du mois de janvier, David Millar avait assuré que cette affaire "n'avait rien à voir avec [lui]". "Je ne peux pas commenter ce que les autres gars de l'équipe ont fait. Ce sont des cas isolés dans l'équipe, mais pas un problème d'équipe". Ses aveux, s'ils sont confirmés officiellement, devraient plonger les dirigeants de l'équipe Cofidis dans un profond embarras. La prise de produits dopants par Millar devraient entraîner sa suspension automatique de toute compétition à venir, à commencer par le Tour de France - qui s'élance le 3 juillet - et les JO d'Athènes.
"Dix jours avant le départ du Tour de France: il est clair que cela tombe mal…"
David Millar devrait rapidement être convoqué par le juge Richard Pallain au tribunal de Nanterre pour être mis en examen. Un sort qui a déjà été réservé à plusieurs membres de l'équipe Cofidis dans cette enquête relative à un trafic de produits dopants autour de l'équipe cycliste, ouverte en mars 2003. Huit personnes ont déjà été mises en examen : les coureurs Cédric Vasseur, Philippe Gaumont, Robert Sassone, Médéric Clain, Marek Rutkiewicz et Daniel Majewski, un soigneur, Boguslaw Madejak, et le directeur sportif d'une formation de 3e division, Oleg Kozlitine. Le manageur général des Cofidis, Alain Bondue, et le médecin de l'équipe, le Dr Jean-Jacques Menuet, ont également été remplacés.
Des procès-verbaux de l'affaire, révélés au début du mois d'avril par L'Equipe, faisaient état de la déposition de Philippe Gaumont, coéquipier de David Millar chez Cofidis. Gaumont aurait affirmé au juge Pallain que pendant le Tour 2003, Millar serait allé voir le docteur Menuet pour lui demander de donner à Gaumont et à Vasseur le même produit qu'il avait pris le matin même. "Le matin de l'étape des Champs Elysées, Menuet nous a injecté chacun une seringue d'un liquide limpide. Après l'injection, Menuet avait dit: on va voir du Cofidis ce soir à la télé", avait poursuivi Philippe Gaumont.
A la mi-journée, jeudi, avant que les aveux supposés de Millar ne soient connus, les dirigeants de Cofidis semblaient relativiser l'implication de David Millar. "Dix jours avant le départ du Tour de France: il est clair que cela tombe mal, regrettait François Migraine, le PDG du groupe. On se séparera des personnes qui seront déclarées coupables le moment venu. Tant que l'enquête n'est pas terminée, il peut se produire de nouvelles choses." quant au directeur sportif, il se refusait de parler d'une "histoire Millar" mais plutôt de "la suite de l'affaire Gaumont", et regrettait "que l'on attende aussi longtemps pour convoquer quelqu'un, quelques jours en effet avant le départ du Tour de France".
Le Tour de France se veut inflexible |
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