L'imam de Vénissieux mis en examen

Par P.M. (Avec AFP), le 03 juin 2004 à 15h51 , mis à jour le 03 juin 2004 à 20h06

Entendu jeudi après-midi par la juge Marie-Christine Desplat-Didier pour des propos favorables au châtiment des femmes, Abdelkader Bouziane devra notamment répondre de "complicité d'apologie de crime".

bouziane imam venissieux © INTERNE

L'imam de Vénissieux Abdelkader Bouziane a été mis en examen jeudi à Lyon. Il devra répondre de "complicité d'apologie de crime" et "complicité de provocation directe, non suivie d'effet, de commettre l'infraction d'atteinte volontaire à l'intégrité d'une personne", a précisé son avocat, après avoir avoir passé deux heures avec son client dans le bureau de la juge Marie-Christine Desplat-Didier.

L'imam de Vénissieux est poursuivi pour ses propos tenus au début du mois d'avril dans le mensuel Lyon Mag dans lequel il se déclarait polygame et estimait que "battre sa femme est autorisé par le Coran". Une déclaration qui avait immédiatement soulevé l'indignation des autorités françaises jusqu'à Jacques Chirac qui, le 29 avril, l'avait jugée "inacceptable". L'imam avait été expulsé vers l'Algérie avant de revenir sur le sol français un mois plus tard, aux termes d'un imbroglio juridique.

Dans cette affaire, le directeur de publication de Lyon Mag, Philippe Brunet-Lecomte, a été mis en examen "pour apologie, par écrit, de crime".

"Mon client n'a jamais parlé de lapidation"

Depuis la fin du mois de mai, Me Mahmoud Hebia, l'avocat de l'imam de Vénissieux, conteste la retranscription de l'interview de son client. "Nous allons tout revoir, point par point, mot par mot, puis nous publierons un démenti précis", a-t-il indiqué à plusieurs reprises, affirmant notamment que son client "n'a jamais parlé de lapidation".

Selon le quotidien gratuit 20 minutes, le journaliste de Lyon Mag qui a réalisé l'interview d'Abdelkader Bouziane aurait indiqué devant la police judiciaire qu'il avait dû lui expliquer le sens du mot lapidation à l'imam, celui-ci maîtrisant mal le français. Selon le PV au dossier, le journaliste lui aurait aurait alors dit "qu'il s'agissait de battre sa femme"… "Il dit n'avoir saisi le véritable sens de lapider - tuer à coups de pierres - qu'une fois rentré en Algérie", a affirmé maître Hebia à 20 minutes.

Par P.M. (Avec AFP) le 03 juin 2004 à 15:51
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