© INTERNELe gouvernement craindrait-il de faire de Noël Mamère un martyr de la cause gay ? Lundi matin, le ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin, a exclu sur Europe 1 d'aller jusqu'à la révocation du maire de Bègle, qui en célébrant samedi le premier mariage homosexuel en France, a, selon lui, enfreint le Code civil français.
"[Noël Mamère] s'expose à une suspension de trente jours de l'ensemble de ses activités de maire", a rappelé le ministre de l'Intérieur. "Le préfet a adressé une lettre à M. Mamère pour recueillir ses explications, nous allons donc recevoir les explications du maire de Bègles et à partir de là nous déciderons la nature des sanctions", a-t-il précisé. "L'autorité de l'Etat ne peut pas être bafouée et la loi doit être respectée par tous. Nous vivons dans un monde où souvent les repères manquent", a-t-il encore insisté.
"Débat de fond"
Dominique de Villepin a insisté pour ne pas "occulter le débat de fond" qui "doit avoir lieu partout où c'est nécessaire", c'est-à-dire selon le ministre, "dans les familles, dans notre pays, en Europe". "Que ce débat se poursuive devant la représentation nationale, à l'Assemblée nationale, c'est très bien mais la loi doit être respectée", a conclu le ministre de l'Intérieur.
Dès publication des bans le 25 mai, le parquet de Bordeaux avait signifié au maire de Bègles son opposition à ce mariage, contraire, selon lui, au code civil. Samedi, la réplique du gouvernement n'avait pas tardé: moins d'une heure après la cérémonie, le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin avait annoncé des sanctions à l'encontre de Noël Mamère. Un courrier du préfet de la Gironde avait été envoyé dans la foulée à l'élu pour signifier qu'une procédure de suspension était entamée, lui donnant jusqu'au 12 juin pour s'expliquer.
Act Up couché devant Matignon |
(Image d'archive : Dominique de Villepin)
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