Mariage gay : Mamère ne sera pas révoqué

Par D.S., le 07 juin 2004 à 09h38 , mis à jour le 07 juin 2004 à 20h18

Le ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin, a écarté lundi matin une révocation du maire de Bègles qui a célébré samedi le premier mariage homosexuel en France. La suspension de l'élu reste donc la sanction la plus probable.

dominique de villepin © INTERNE

Le gouvernement craindrait-il de faire de Noël Mamère un martyr de la cause gay ? Lundi matin, le ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin, a exclu sur Europe 1 d'aller jusqu'à la révocation du maire de Bègle, qui en célébrant samedi le premier mariage homosexuel en France, a, selon lui, enfreint le Code civil français.

"[Noël Mamère] s'expose à une suspension de trente jours de l'ensemble de ses activités de maire", a rappelé le ministre de l'Intérieur. "Le préfet a adressé une lettre à M. Mamère pour recueillir ses explications, nous allons donc recevoir les explications du maire de Bègles et à partir de là nous déciderons la nature des sanctions", a-t-il précisé. "L'autorité de l'Etat ne peut pas être bafouée et la loi doit être respectée par tous. Nous vivons dans un monde où souvent les repères manquent", a-t-il encore insisté.

"Débat de fond"

Dominique de Villepin a insisté pour ne pas "occulter le débat de fond" qui "doit avoir lieu partout où c'est nécessaire", c'est-à-dire selon le ministre, "dans les familles, dans notre pays, en Europe". "Que ce débat se poursuive devant la représentation nationale, à l'Assemblée nationale, c'est très bien mais la loi doit être respectée", a conclu le ministre de l'Intérieur.

Dès publication des bans le 25 mai, le parquet de Bordeaux avait signifié au maire de Bègles son opposition à ce mariage, contraire, selon lui, au code civil. Samedi, la réplique du gouvernement n'avait pas tardé: moins d'une heure après  la cérémonie, le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin avait annoncé des sanctions à l'encontre de Noël Mamère. Un courrier du préfet de la Gironde avait été envoyé dans la foulée à l'élu pour signifier qu'une procédure de suspension était entamée, lui donnant jusqu'au 12 juin pour s'expliquer.

Act Up couché devant Matignon

Huit militants de l'association Act Up se sont allongés sur le trottoir de la rue de Varenne, devant l'entrée de l'Hôtel Matignon en hurlant "L'homophobie tue. Etat complice, Etat assassin" ou "Raffarin homophobe, égalité des droits". Ils ont été évacués au bout de quelques minutes, sans incident, par les forces de l'ordre. L'opération s'inscrit dans le cadre d'une semaine d'action publique sur l'égalité des droits des homosexuels et hétérosexuels, ont précisé les militants. A Matignon, on a souligné que Jean-Pierre Raffarin avait été le premier chef  de gouvernement à rencontrer les associations de défense des droits des  homosexuels, en juillet 2003 à Matignon, et qu'il recevrait mardi matin Jean-Luc  Romero (UMP) et Philippe Meynard (UDF).

(Image d'archive : Dominique de Villepin)

Par D.S. le 07 juin 2004 à 09:38
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