© LCIAprès 36 heures en garde à vue à la brigade financière et plus de quatre heures d'audition, Jean-Marie Messier a été mis en examen pour "manipulation de cours, diffusion de fausses informations et abus de biens sociaux" par les juges du pôle financier Henri Pons et René Cros. L'homme d'affaires n'a en revanche pas été poursuivi pour "délit d'initié".
L'ancien président de Vivendi Universal est ressorti libre du pôle financier sous contrôle judiciaire. Cette mesure décidée par les juges lui interdit d'entrer en contact avec les quatre personnes mises en examen dans ce dossier, ainsi que d'anciens collaborateurs et les principaux responsables de l'Autorité des marchés financiers (ex-COB, le gendarme de la bourse). Il reste toutefois libre de ses mouvements en France comme à l'étranger.
Caution
Les magistrats ont également fixé une caution de 1 350 000 euros dont Jean-Marie Messier devra s'acquitter à titre de garantie de représentation en justice et d'avance sur d'éventuelles amendes auxquelles il pourrait être condamné au terme de cette procédure. Le parquet avait demandé une caution de 1,5 millions d'euros.
Sa mise en examen pour "manipulation de cours" concerne des rachats massifs d'actions décidés par la direction du groupe après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, qui avaient fait tanguer les marchés boursiers. Ces rachats sont intervenus dans les deux semaines précédant la publication des résultats semestriels de l'entreprise, ce qui est interdit.
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La qualification de "diffusion de fausses informations" vise la présentation présumée inexacte de la situation de la trésorerie de filiales du groupe Cegetel et Maroc Telecom. Quant à la mise en examen pour "abus de biens de sociaux", elle vise les conditions financières du départ de Jean-Marie Messier de VU, en juillet 2002, telles qu'ils les avaient lui-même négociées pour finalement y renoncer.
Pas d'enrichissement personnel
L'avocat de M. Messier a précisé qu'"aucun enrichissement personnel n'était visé dans les poursuites" décidées par les juges. L'enquête judiciaire sur VU avait été ouverte le 29 octobre 2002 à la suite du dépôt d'une plainte par l'Association des petits porteurs d'actifs. Depuis plusieurs semaines, les enquêteurs remontent la hiérarchie de l'équipe financière du groupe, au moment des faits en 2001-2002, en direction du sommet de la pyramide.
Outre M. Messier, quatre personnes sont poursuivies dans le dossier: l'ex-directeur financier du groupe, ancien bras droit de M. Messier, Guillaume Hannezo, le trésorier Hubert Dupont-Lhotelain, son adjoint François Blondet, et le président du directoire de Deutsche Equities (dont les activités sont intégrées dans Deutsche Bank) Philippe Guez.
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