© INTERNEAvant de "réconcilier les Français avec le succès" (ainsi que le titre Le Figaro, reprenant une formule du ministre des Finances), Nicolas Sarkozy veut donner des gages à l’Europe sur le plan budgétaire. Et cela passe par un nouveau tour de vis pour parvenir à ramener le déficit public sous les 3% en 2005. L’Etat va donc devoir se serrer la ceinture. Le ministre des Finances s’en explique ce vendredi dans les colonnes du Figaro. Dominique Bussereau, dûment informé de la teneur de cette interview, a pour sa part commencé le travail de communication dès jeudi soir sur France Info.
L'objectif de "croissance zéro" pour les dépenses de l'Etat en 2005 sera atteint. Et les impôts n’augmenteront pas. C’est l’engagement de Nicolas Sarkozy. Le gouvernement va donc devoir trouver 10 milliards d’économies. Tous les ministères seront mis à contribution, y compris celui de la Défense, avec une baisse de leur budget de 0,2%. Avec l'annulation pure et simple, dans le cadre du budget 2004, de 1,2 milliard d'euros de dépenses auparavant gelées, "ce sont là deux signaux très forts pour nos partenaires européens", commente Nicolas Sarkozy. Au milieu de ces annonces qui feront sûrement grincer des dents dans quelques ministères, il affiche cependant son optimisme sur la croissance 2004, qui sera "peut être de 2,5%".
Nicolas Sarkozy précise par ailleurs que l'étalement de la hausse du Smic sur 2006 permettra d'économiser en 2005 "1,4 milliard sur les allègements de charges". Autre annonce : l'exonération de la taxe professionnelle, qui n'était pour l'instant prévue que jusqu'au 30 juin 2005, vaudra pour toute l'année 2005. Enfin la hausse des tarifs d'EDF pour cette année "ne dépassera pas 2,4% ou 2,5%". Mercredi, Jean-Pierre Raffarin avait dit repousser la décision pour la rentrée...
"Si j'ai exécuté, c'est parce que j'étais d'accord"
Nicolas Sarkozy détaille également dans cet entretien les modalités de la réforme de la redevance audiovisuelle, dont on savait qu'elle serait adossée à la taxe d'habitation. La redevance "doit être payée par foyer et non par résidence", "les résidences secondaires en seront donc exonérées", tandis que les Rmistes, qui ne payent déjà pas de taxe d'habitation, en seront également dispensés.
Jetant un pavé dans la mare de Philippe Douste-Blazy, Nicolas Sarkozy exprime d’autre part son inquiétude sur la hausse des dépenses de l'assurance-maladie pour 2004, affirmant qu'elles devront être "maîtrisées", faute de quoi "il faudra généraliser les franchises".
Concernant enfin un sujet plus "politique" et difficilement évitable, ses rapports avec Jacques Chirac, qui l’avait rappelé à l'ordre d’un ferme "je décide et il exécute" lors de son interview du 14 juillet : "Si j'ai exécuté, c'est parce que j'étais d'accord", glisse Nicolas Sarkozy. Manière élégante de ne pas clore la polémique avec le chef de l’Etat tout en jouant une nouvelle fois l’apaisement. Et sur la présidence de l'UMP, il se contente de répéter qu'il annoncera sa position "au tout début de septembre", parce qu'il a "besoin de consacrer du temps à réfléchir" avant de prendre "une décision qui engage".
Photo d’ouverture : la "Une" du Figaro présentant l’interview de Nicolas Sarkozy - DR
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