Chirac attendu par ses troupes

Par , le 14 juillet 2004 à 07h00 , mis à jour le 14 juillet 2004 à 13h19

Depuis quelques jours, la tension entre le chef de l'Etat et Nicolas Sarkozy a quitté les coulisses. Lors de son interview, ce midi, le président ne devrait pas manquer de commenter son arbitrage rendu sur le budget de la Défense contre les desiderata de Bercy.

Chirac 14 juillet 2004 © Manreo

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La traditionnelle interview du 14 Juillet permet généralement au chef de l'Etat de se poser en rassembleur. Cette année, pour Jacques Chirac, la posture devrait plutôt être celle du guide. "On a besoin d'une boussole, d'un cap, de savoir ce qu'on va faire" a résumé le numéro 2 de l'UMP François Baroin. Il est d'autant plus important pour l'hôte de l'Elysée de parvenir à définir ce cap qu'il est à mi-mandat et que sa majorité est aujourd'hui traversée par des vents contraires. Le camp chiraquien subit la pression constante de Nicolas Sarkozy dont les ambitions vont croissant à l'approche du congrès de l'UMP en novembre et des échéances électorales de 2007.

Dernier exemple de ces tensions entre l'Elysée et Bercy, les arbitrages sur le budget des armées, domaine réservé du président de la République. Selon des sources gouvernementales, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy se sont ouvertement affrontés la semaine dernière lors d'un conseil de défense informel, réunion qui doit normalement rester secrète.

Arbitrage contre Sarkozy

Pour boucler le budget 2005, le ministre de l'Economie réclamait depuis plusieurs semaines des sacrifices à la Défense. Mais Jacques Chirac lui a donné tort et fait valoir qu'en la matière, les arbitrages relevaient du président de la République, au nom des intérêts supérieurs de la Nation. Lundi, au cours d'une visite chez Dassault, Jean-Pierre Raffarin a lui lancé une nouvelle pique au numéro deux de son gouvernement en jugeant que les "projets d'avenir ne doivent pas souffrir des aléas budgétaires". "Nous respecterons dans le budget 2005 les engagements de la loi de programmation militaire qui a été votée par le Parlement", a-t-il affirmé, en écho à son ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie.

Dans ce climat tendu, Jacques Chirac devrait être amené mercredi à se prononcer sur nombre de sujets qui figurent dans le champ de compétences du locataire de Bercy : réforme des 35 heures, poursuite de la baisse des impôts, assurance-maladie, EDF, croissance, budget 2005. Il devrait aussi être interrogé sur la montée des communautarismes, le mariage gay ou encore sur le problème des délinquants multirécidivistes, autant de questions sur lesquelles Nicolas Sarkozy s'est déjà exprimé samedi.

Raffarin a-t-il envisagé de succéder à Prodi ?

Jean-Pierre Raffarin n'a pas envisagé de prendre la tête de la Commission européenne et n'a pas déposé sa candidature pour un siège de sénateur, a déclaré mardi son entourage, démentant ainsi des informations du quotidien Le Monde daté de mercredi. "La succession de Romano Prodi n'a jamais été un cas de figure envisagé, de près ou de loin, par le Premier ministre ou ses collaborateurs (..) Cela n'a jamais été évoqué ni au sein du cabinet, ni en privé", a-t-on affirmé à Matignon. "Le Premier ministre n'a pas déposé sa candidature au Sénat", a-t-on ajouté de même source, en notant toutefois que les candidatures restent ouvertes jusqu'en septembre.


Par Renaud Pila le 14 juillet 2004 à 07:00
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