© EurosportLemond-Armstrong : entre les deux champions cyclistes américains, le divorce est consommé. Depuis quelques temps, déjà, le premier n'avait pas caché son trouble face aux extraordinaires performances de celui qui brigue cette année une sixième victoire historique dans le Tour de France. Dans un livre sorti récemment (1), il rapportait l'épisode d'une altercation qu'il avait eu avec le Texan alors qu'il avait essayé le dissuader de continuer à recourir aux soins du docteur Michele Ferrari. Ce médecin italien, poursuivi depuis 2001 en Italie pour fraude sportive, qui participe depuis 1997 à la préparation d'Armstrong.
Dans les colonnes du Monde, jeudi, Greg Lemond a enfoncé le clou en réitérant ses soupçons de dopage à l'égard de son compatriote (voir lien ci-contre). Une déclaration sans ambiguité qui ne pouvait rester lettre morte dans le clan Armstrong. Le premier à sortir du silence, jeudi soir, fut Jogi Muller, le porte-parole de l'équipe américaine US Postal. Apparemment serein, il a regretté que Lemond soit "utilisé par des journalistes" avant d'ajouter que son équipe n'avait "rien à craindre".
"En France ils en ont contre nous et contre le cyclisme"
Puis vint le tour de Lance Armstrong. Après avoir dit sa "déception" face aux déclarations de son "idole" qui "n'a cessé de remettre en cause [s]es performances et [s]a personnalité", le quintuple vainqueur du Tour a ironisé sur "les performances incroyables" de son compatriote, et particulièrement son "remarquable retour et sa victoire dans le Tour 1989" après un accident de chasse qui l'a privé de compétition pendant deux ans. Une réponse à Lemond qui, dans le Monde, doutait de la "résurrection" d'Armstrong après son cancer. "il n'y a pas de miracle dans le vélo", disait-il.
Cette nouvelle controverse autour des exploits de Lance Armstrong a vu surgir une nouvelle "affaire". Accusant la "paranoïa" ambiante autour du dopage, l'équipe US Postal, par la voix de son porte-parole, s'est lancé dans une violente charge à l'encontre des pratiques hexagonales. "Je n'ai rien contre les Français, mais en France ils en ont contre nous et contre le cyclisme", a acusé Jogi Muller, précisant que ses propos ne visaient "pas seulement le ministère des Sports, mais aussi des médias".
Lance Armstrong s'est alors fait plus précis en affirmant qu'avant le départ de la 11e étape de la course disputée jeudi entre Saint-Flour et Figeac, une équipe de France 3 avait tenté de pénétrer dans sa chambre d'hôtel. Une accusation jugée "complètement ridicule" par le principal intéressé, Hugues Huet, journaliste à France 3. "Ce n'est pas du tout dans mes pratiques, on a quand même une déontologie et on ne fait pas n'importe quoi... Si je m'amusais à fouiller la chambre comme ça, je dépasserais la limite", a-t-il déclaré à l'agence AP. Le journaliste reconnaît simplement s'être rendu à l'hôtel d'Armstrong pour discuter de la forme de ses coéquipiers et avoir parlé avec le directeur de l'hôtel pendant quelques minutes.
(1) L.A. Confidentiel, les secrets de Lance Armstrong (La Martinière)
"Le Tour se laisse entraîner dans une surenchère" |
Une annonce qui a provoqué la colère du patron de l'UCI. "Les organisateurs du Tour répondent à une pression qui n'est plus réaliste. En France, il y a une sorte de jeu de massacre. Je comprends leur émotion. Mais, moi, je suis hors de France et j'essaye d'avoir du recul", a déclaré Hein Verbruggen pour qui "la presse va trop loin, surtout le journal Le Monde, qui […] n'a aucune importance, mais qui met une pression terrible sur les organisateurs".
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