"Fahrenheit 9/11", subjectif mais efficace

Par Olivier CORRIEZ, le 07 juillet 2004 à 00h00 , mis à jour le 06 juillet 2004 à 19h46

Le film événement de la semaine cinéma est sans conteste "Fahrenheit 9/11" de Michael Moore. Après la Palme d'Or à Cannes, le film fait un tabac aux Etats-Unis. En attendant un succès français.

Une image du film FAHRENHEIT 911 © INTERNE

Après avoir décroché la Palme d'Or au dernier Festival de Cannes et récolté plus de 60 millions de dollars en quinze jours dans son pays, Michael Moore déploie son Fahrenheit 9/11 sur près de 240 écrans français. Avec ce documentaire, le cinéaste ne peut être plus clair : il veut faire perdre George W. Bush aux prochaines élections programmées en novembre. Pour arriver à ses fins, Moore met le paquet. Le film démarre sur l'élection controversée du candidat républicain en 2000. Après ce point de départ, Michael Moore va retracer l'ascension de ce pétrolier texan puis révéler les relations personnelles et financières qu'entretient, selon lui, la famille Bush avec la famille royale d'Arabie saoudite mais aussi avec les Ben Laden. Tout au long de l'heure cinquante deux que dure le film, le documentariste va dénoncer les mensonges et l'utilisation des attentats du 11 septembre (évoqués de manière très sobre avec un noir de plusieurs secondes lors des attaques aériennes puis les réactions des gens dans la rue…) pour justifier la guerre en Irak.

Sans concession, Fahrenheit 9/11 se revendique comme le film d'un homme qui veut la perte d'un autre homme. Il est donc à prendre en tant que tel. Le cinéaste mène son enquête dans l'unique but de défaire George W. Bush, faisant de son documentaire un véritable outil de campagne. Michael Moore n'entend donc pas être objectif, bien au contraire. Tout au long du film, c'est avec assurance et humour que le cinéaste déploie son accusation effrayante. Pour certains, cette "vérité" les confortera dans leurs opinions, pour les autres, elles les scandalisera. Fahrenheit 9/11 est un film distrayant où le rire cotoie l'émotion et la provocation la réflexion. Dans tous les cas, un film qui ne laisse pas indifférent.

Par Olivier CORRIEZ le 07 juillet 2004 à 00:00
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