Fourniret mobilise tous azimuts

Par P.M. (Avec AFP), le 06 juillet 2004 à 10h43 , mis à jour le 06 juillet 2004 à 18h23

La conduite de l'instruction des crimes présumés de Michel Fourniret divise Paris et Bruxelles. Des fouilles ordonnées mardi matin dans les Yvelines n'ont pas donné de résultats.

fourniret maison clairefontaine yvelines © INTERNE

Bataille juridique franco-belge

Qui, de la France ou de la Belgique, traîtera des crimes commis par Michel Fourniret ? La question taraude tous les esprits. Après les déclarations apaisantes des débuts, il semble aujourd'hui que les chancelleries se préparent en réalité à un sérieux bras-de-fer.

A Paris, on table sur une "juridiction unique"… française, basée à Charleville-Mézières. Y compris pour les meurtres commis en Belgique. "Côté français, on est compétent sur tout, y compris pour les meurtres de jeunes filles belges en Belgique, car ils ont été commis par un Français", a expliqué Yves Charpenel, le procureur général de Reims. Selon lui, un mandat d'arrêt européen devrait être lancé dans les prochains jours afin de demander le retour de Fourniret en France, où, pour l'heure, trois juges d'instruction travaillent sur les crimes de Fourniret.

Une "centralisation" des dossiers aurait le mérite de simplifier considérablement les procédures. Pour cela, il faudrait dôter le tribunal de Charleville-Mézières d'un juge supplémentaire afin de décharger les deux premiers des autres dossiers. Une étape qui ne devrait pas poser de problèmes. Mais pour ce qui est de convaincre les autorités belges de se délester de l'affaire, c'est une autre paire de manche. C'est même avec un certain étonnement teinté d'ironie que le procureur du roi de Namur a accueilli la "proposition" française. Cédric Visart de Bocarmé a affirmé que les magistrats des deux pays avaient décidé, le week-end dernier, de conserver chacun les dossiers dont il avait la charge, quitte à les regrouper plus tard en vue d'un procès unique. Pour lui, la situation est limpide : "C'est clair que chacun va continuer à traiter ses dossiers, a-t-il dit. Après, éventuellement, on le fera, mais c'est une discussion dans laquelle on n'est pas encore entré".

Yvelines : des fouilles sans résultat

Les fouilles, mardi, du jardin d'une maison occupée par Michel Fourniret à Clairefontaine (Yvelines) entre 1966 et 1982 n'ont pas donné de résultat. Les policiers ont chargé plusieurs grands sacs en papier dans leur voiture. Lundi, une ancienne locataire de cette maison avait expliqué à la police qu'elle se souvenait d'avoir découvert dans le jardin, il y a trois ou quatre ans, une trappe. Quand elle l'avait ouverte, elle y avait vu des morceaux de tissu. A l'époque elle n'y avait pas prêté attention et avait replanté du gazon dessus. Michel Fourniret a habité Clairefontaine de 1966 à 1982 avant de déménager à Rambouillet, à une dizaine de kilomètres de là, jusqu'en 1984.

Une seconde habitation de Clairefontaine, appartenant à sa deuxième épouse et située à quelques centaines de mètres de la première dans le quartier de Paincourt, a été un moment isolée par les gendarmes, mardi matin, mais aucune fouille n'y a été effectuée.

"Il risque d'y avoir des dizaines de vérifications de ce genre sur le territoire", a précisé le procureur général de Reims. Des fouilles pourraient être menées "dans les jours prochains" dans l'Yonne afin de tenter de découvrir le corps d'Isabelle Laville disparue en décembre 1987 près d'Auxerre et dont l'assassinat a été avoué par Michel Fourniret.

Autopsie jeudi des corps exhumés à Donchery

Prévue initialement lundi, l'autopsie des corps des deux victimes présumées de Michel Fourniret, retrouvés samedi au château de Sautou à Donchery (Ardennes), commenceront jeudi à Bordeaux, effectuée par des spécialistes du CHU. La tâche de ces médecins sera de permettre l'identification formelle des corps et de déterminer les causes de la mort.
Les expertises médico-légales devraient prendre une semaine.

Fourniret nie toujours avoir tué la fille au pair

Le tueur en série présumé "nie toujours toute implication" dans le dossier d'une jeune fille au pair disparue en 1993 en Belgique, que sa femme l'accuse d'avoir assassiné, a indiqué mardi Luc Balleux, l'un de ses avocats. "Avant que les choses n'éclatent vraiment, il avait sollicité le secours de la presse pour essayer d'identifier la jeune fille. C'est un peu troublant de la part d'une personne qui aurait tué cette jeune fille au pair", a-t-il ajouté.
Monique Olivier, l'épouse de Fourniret, l'accuse de 10 assassinats en France et en Belgique entre 1987 et 2001.

Image LCI : la maison de Clairefontaine (Yvelines) ayant appartenu à un membre de la famille de Fourniret.

Par P.M. (Avec AFP) le 06 juillet 2004 à 10:43
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