© INTERNELe départ est officialisé, écrit, signé. Dans une lettre aux militants datée du 16 juillet, Alain Juppé a annoncé qu'il démissionnait de la présidence de l'UMP. L'ancien Premier ministre n'avait pas attendu ce vendredi pour faire ses adieux. Mardi, encore, c'était aux permanents de l'UMP que le député-maire de Bordeaux avait dit au revoir. Au revoir ou adieu ? "Je ne suis pas encore mort, seul Dieu en décidera", avait-il lâché à cette occasion.
La condamnation, le 30 janvier dernier, à 18 mois de prison avec sursis et 10 ans d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, semble avoir coupé net une l'irrésistible ascension de celui dont Chirac avait dit qu'il était "le meilleur" et Giscard "le seul". Le principal intéressé lui même avait très tôt fait part de son intention de renoncer à toutes ses responsabilités politiques, en particulier à la présidence du parti où il s'était hissé le 17 novembre 2002. Quels espoirs place-t-il aujourd'hui dans son procès en appel, prévu du 13 au 29 octobre prochain ?
"Joies et peines"
"Je m'éloigne aujourd'hui de la vie politique pour faire la paix en moi-même après la tourmente que je viens de traverser", écrit-il dans sa lettre aux militants. "Tout au long de ces presque trente années" de vie politique, j'ai connu "de grandes joies et plus récemment de grandes peines". "Malgré les erreurs que nous avons pu commettre et dont je prends toute ma part, l'UMP est aujourd'hui un parti en état de marche", ajoute-t-il.
"Homme d'Etat"
Alors qu'il n'est pas un jour où l'on ne parle de sa succession ou, plutôt, des remous que celle-ci provoque déjà entre le président de la République et son ministre de l'Economie, Alain Juppé, prophétique, lance aux militants : "Persévérez dans l'union. Persévérez dans le respect mutuel et la recherche tenace de l'intérêt général. Vous surmonterez ainsi tous les défis". Pour l'intérim, il précise que d'ici au congrès de novembre, ses fonctions seront exercées par le vice-président Jean-Claude Gaudin, Philippe Douste-Blazy et François Baroin.
Dés avant l'officialisation de son départ, le concert des louanges avait retenti dans les rang UMP. Jacques Chirac avait lui-même indiqué mercredi qu'il "déplorait" ce départ, le "regrettait" mais "le comprenait". Vendredi, le premier à s'exprimer, le ministre de l'Education nationale, François Fillon a qualifié "d'événement triste" cette démission et rendu "hommage" à "l'homme d'Etat" qui a "contribué à créer une grande formation de la droite et du centre". Son collègue en charge de la Fonction publique a, pour sa part, estimé que "nous lui étions tous redevable". "Ce n'est pas un adieu définitif, il continuera à servir la France", a assuré le ministre.
(Image TF1 : le 3 février, sur le plateau du 20 heures, Alain Juppé annonçait son intention de partir)
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