© INTERNEC'est l'effervescence chez Jean-Pierre Chanfreau. Depuis vendredi, lui et son beau-fils, Pierre Tabourot, n'en finissent pas de répondre aux interviews des journalistes venus à leur domicile d'Echirolles (Isère). La faute à un désagréable et nauséabond rat venu se loger subrepticement dans un paquet de macaronis Panzani.
L'affaire remonte au 6 juillet. Pierre Tabourot sent une odeur pestilentielle dans sa cuisine. Il ouvre un placard et se rend compte que la nuisance provient d'un paquet de pâtes acheté quelques temps avant. Il l'entrouve et découvre, horrifié, un rat incrusté dans les pâtes et du sang sur les parois du sachet. Il téléphone illico au service consommateurs du groupe alimentaire. Selon Pierre, la conversation tourne au vinaigre : "J'ai eu une dame au téléphone qui m'a dit en rigolant que les 33% de produit offert en promotion sur ces paquets, c'était ce rat", s'étrangle-t-il. Un échange formellement démenti par la direction de Panzani.
"Une histoire invraisemblable"
Il contacte alors le service qualité du fabricant qui décide de lui envoyer six bons de réduction d'un euro cinquante. Dans un second temps, un bon d'achat de cent euros lui est proposé. Jugeant le dédommagement un peu chiche, Pierre Tabourot en parle à son beau-père qui décide de prendre les choses en main. Avec le même résultat. "J'ai été traîté avec le plus grand mépris", déplore Jean-Pierre Chanfreau interrogé par tf1.fr. Le groupe Panzani décline toute responsabilité mais propose de lui envoyer un ingénieur-qualité. Rendez-vous est pris jeudi 15 juillet à 11 heures à son domicile d'Echirolles. Pour l'occasion, Jean-Pierre Chanfreau s'offre les services d'un huissier. "Cent cinquante euros, hors taxes. A titre de précaution…", précise-t-il. Le directeur de l'Intermarché où le paquet de la discorde a été acheté est également présent. L'ingénieur de Panzani photographie l'animal qu'elle assimile à "une souris". Le plaignant assure que "toute le monde a pu constater qu'il a fallu ouvrir complètement le paquet de pâtes pour pouvoir sortir le rat". Sa conclusion : l'animal n'a pu s'introduire dans le paquet qu'au moment de la fabrication du produit.
D'après les recherches de Panzani, le paquet de pâtes a été fabriqué le 6 avril dans son usine de Marseille. Ce qui, selon la société, remet en cause la version des plaignants. "Si un rat s'était introduit dans un paquet fabriqué dans notre usine à cette date, il aurait été en putréfaction dans les quinze jours. Or, en l'occurence, le produit a été acheté le 6 juillet, soit trois mois après. C'est impossible que les clients aient pu l'acheter sans que le rayon du supermarché n'empeste", affirme à tf1.fr Thierry Maillard, le directeur qualité de Panzani.
"Cette histoire nous paraît invraisemblable, poursuit-il. Nos usines sont soumises à des règles sanitaires très strictes et à des traitements fréquents de dératisation. Nous produisons 200 millions de paquets de pâtes chaque année et jamais nous n'avons connu un tel problème". Agacé, il évoque l'hypothèse d'un "possible chantage".
Le groupe Panzani a décidé de porter l'affaire en justice. Il annonce un dépôt de plainte mardi, notamment pour diffamation. "Face à un tel battage médiatique, on ne pouvait reste inerte", dit-on au siège social, à Lyon. Dans un communiqué, le groupe estime que 'le consommateur n'a pas hésité dans les médias à faire tenir des propos mensongers aux représentants du service consommateur de la Société, lui reprochant également de tenir "un discours anti grande société".
"Volonté d'étouffement"
"Nous sommes tout sauf procédurier, se défend Jean-Pierre Chanfreau. Nous n'avons pas porté plainte, nous ne demandons pas un sou. Simplement, il me semble normal qu'une multinationale qui commet une erreur assume ses responsabilités et prenne les dispositions nécessaires pour qu'une telle affaire ne se reproduise pas". Il déplore "la volonté d'étouffement" de la société et se dit prêt lui aussi à porter plainte en diffamation dans le cas où les dirigeants de Panzani poursuivraient "leurs accusations".
En attendant d'éclaircir cette affaire bien mystérieuse, le rat a été placé par les plaignants "dans un endroit protégé". Comme la plus précieuse des pièces à conviction. La direction départementale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a diligenté une enquête.
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