© LCIIl va falloir allumer les feux de croisement même en plein jour. Le Conseil interministériel de la Sécurité routière qui se tient ce mercredi devrait notamment décider une expérience d'une année au cours de laquelle les automobilistes seront invités à laisser leurs codes allumés jour et nuit. Cette pratique, déjà en vigueur en Italie, Suède, Finlande ou Hongrie, est censée faire diminuer le nombre d'accidents. Mais nombreux sont ceux qui contestent l'efficacité de cette mesure.
Au premier rang des opposants, les motards. Ceux-ci roulent depuis 1975 avec les feux en marche (pour les 125 cm3 et plus). L'objectif était de les rendre plus visibles dans la circulation et surtout de permettre aux autres usagers de les identifier. Ils craignent d'être noyés dans la masse des lumières si tous les véhicules gardent leurs lanternes allumées. Et de prédire une hausse des accidents de deux-roues.
Expérience landaise
Il n'est pas certain, d'ailleurs, que rouler avec les phares soit moins accidentogène. L'expérience menée dans les Landes depuis 1999 offre des résultats en demi-teinte. Les routes landaises recèlent de nombreuses zones d'ombre dues aux alignement de platanes, qui rendent les véhicules parfois moins visibles. Les automobilistes y sont donc encouragés, via des panneaux, à rouler en permanence avec les feux de croisement allumés.
Mais les seules statistiques disponibles datant de 1999 montrent que la mesure est sans effet, ou presque, sur le réseau secondaire. Sur les routes droites du réseau principal à la campagne, la DDE enregistre en revanche une diminution de 59% du nombre d'accidents de jour et par beau temps. Le gouvernement étendra-t-il l'expérience au niveau national ? Phares ou pas, le Premier ministre a pu se réjouir mercredi matin d'une baisse de 27,4% du nombre de tués sur les routes en juin de cette année par rapport à juin 2003.
Et encore |
Tués : décompte à l'européenne. La France reste un des rares pays européens à avoir une définition restrictive du décès sur la route. Alors que ses voisins incluent les accidentés décédés de leurs blessures dans le mois suivant le sinistre, la France s'en tenait à six jours. Cela va changer et gonfler de quelques points les statistiques.
Alcoolémie : statu quo. L'idée d'abaisser le taux d'alcoolémie de 0,5 g par litre de sang à 0,2 g pour les chauffeurs de taxis, bus et autocars paraît abandonnée pour l'heure.
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