UMP : Sarkozy fait durer le suspense

Par , le 10 juillet 2004 à 14h13 , mis à jour le 10 juillet 2004 à 14h58

Le ministre de l'Economie a déclaré dans un entretien au "Monde" qu'il annoncerait "d'ici la fin de l'été" s'il briguera ou non la présidence de l'UMP. Nicolas Sarkozy évoque encore l'assouplissement des 35 heures, le mariage gay et la récidive.

Sarkozy Nicolas UMP ministre économie © INTERNE

C'est un rituel désormais, à chaque interview, Nicolas Sarkozy est interrogé sur ce qui lui passe par la tête lorsqu'il se rase, en particulier sur ses velléités de présidentiable. Cette fois, dans un entretien accordé au Monde daté des 10 et 11 juillet, il ne s'agit plus de l'Elysée mais de la présidence de l'UMP. "Ce serait difficile de ne pas y penser!", répond le ministre de l'Economie qui se donne jusqu'à la fin de l'été, tout au plus, pour prendre sa décision. Celle-ci sera dictée, assure le locataire de Bercy, par un soucis d'efficacité : "où serai-je le plus utile aux idées que je veux défendre. Où peut-on transformer les choses le plus profondément ?".

Briguera-t-il la tête du parti au risque de devoir quitter le gouvernement ? "Est-ce à moi d'en décider ?", questionne le ministre qui se garde bien de critiquer la règle du non cumul imposée par Jacques Chirac. Même réponse quand on lui demande s'il souhaite quitter Bercy. D'ailleurs pourquoi voudrait-on son départ ? S'il œuvre à ramener le déficit sous les 3% pour 2005, c'est aussi parce que "le président de la République a pris des engagements devant nos partenaires européens". Et quand il souhaite rembourser la dette plutôt que d'engager de nouvelles dépenses, il a "l'impression que cette conviction est partagée" par le Premier ministre.

Assouplir les 35 heures

La solidarité de Nicolas Sarkozy avec Jean-Pierre Raffarin semble moins évidente quand il s'agit de donner son avis sur l'amendement relatif à l'âge du président d'EDF, censé ouvrir la voie à la présidence de son prédécesseur, Francis Mer, à la direction du géant français de l'énergie. La réponse cingle, nette : "c'est une décision du Premier ministre".

Concernant les 35 heures, Nicolas Sarkozy estime qu'il faut réformer le système, assuré que "les Français le souhaitent et que la France n'a pas les moyens d'éviter ce débat". Mais "cette reforme doit reposer sur un principe : le libre choix" : tous les ans, 'chaque salarié pourrait faire acte de volontariat dans son entreprise". "Les 35 heures resteront en toute hypothèse la durée hebdomadaire légale", précise le ministre qui propose de majorer le salaire d' "au moins 10%" entre la 35e et la 39e heure puis de 25% au-delà, contre 25% et 50% pour l'instant. Un chose est sûre : pas question d'accepter "le chantage" d'entreprise comme Siemens qui ont exigé un retour aux 39 h contre l'abandon d'une délocalisation.

Peines plancher

Pour renverser le sens de la délocalisation, le ministre de l'Economie "propose qu'on exonère d'impôts et de charges les entreprises qui relocaliseront des emplois en France dans les zones économiquement dévastées - celles où on compte 20% à 30% de chômeurs". Et pourquoi pas, "faire porter davantage les exonérations des charges sur les emplois 'délocalisables' ?". Autre suggestion, pour lever les craintes qu'auraient les entreprises à engager, offrir plus de flexibilité pour le licenciement : "des procédures plus courtes et plus souples, mais des indemnités plus élevées pour les salariés, une obligation de les informer plus tôt des difficultés de l'entreprise et plus d'ambition pour la formation et le reclassement".

Quittant la sphère de ses compétences au gouvernement, le ministre aborde encore la question de la récidive en matière criminelle pour laquelle il prône des peines plancher, "seule réponse efficace". La question avait valu une belle passe d'armes avec le Garde des Sceaux Perben lorsque Nicolas Sarkozy était encore à l'Intérieur. Quant au mariage gay, s'il reconnaît que l'homosexualité "n'est pas un choix mais une identité", il s'oppose fermement à l'union de personnes du même sexe "parce que cela entraînerait automatiquement l'autorisation de l'adoption". A l'instar de Jacques Chirac et de Jean-Pierre Raffarin, il se dit "favorable à une large extension des possibilités du pacs".

Par David Straus le 10 juillet 2004 à 14:13
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