Maintien en détention des "Français de Guantanamo"

Par AFP, le 03 août 2004 à 10h46 , mis à jour le 04 août 2004 à 21h57

La cour d'appel de Paris a rejeté la remise en liberté des quatre ex détenus de la base américaine de Guantanamo.

Benchellali Sassi français guantanamo afghanistan pakistan laden (LCI) © LCI

La présidente de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a décidé mercredi de maintenir les quatre Français anciens prisonniers du camp américain de Guantanamo en détention provisoire en rejetant le référé-liberté déposé par leurs avocats. Cette décision, qui n'a pas été motivée, suit les réquisitions du parquet général. Outre le rejet de cette demande étudiée en urgence, la chambre de l'instruction de la cour d'appel, en formation collégiale, doit examiner d'ici le 20 août l'appel contre le placement en détention.

Les quatre hommes, Mourad Benchellali, Nizar Sassi, Imad Achab Kanouni et Brahim Yadel, avaient été écroués après avoir été mis en examen samedi pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et pour les deux premiers de "détention et usage de faux documents" en raison des faux passeports qui leur avaient permis de se rendre en Afghanistan. Il leur est principalement reproché d'avoir participé à une filière de recrutement et de formation de combattants pour le jihad.

Une mise en liberté sous contrôle judiciaire aurait été une "décision humainement indiscutable" compte tenu de ce que les quatre prévenus ont subi depuis 30 mois, a déclaré  l'avocat de Mourad Benchellali et Nizar Sassi, William Bourdon, à l'issue de l'audience à huis clos. "La justice peut être humaine sans se déshonorer et cohérente avec un niveau de preuves et d'indices à charge extrêmement discutable", avait-il ajouté. L'avocat d'Imad Achab Kanouni, Felix de Belloy, a pour sa part fait valoir que son client "n'avait jamais mis les pieds dans un camp d'entraînement en Afghanistan" et qu'il s'y trouvait "pour étudier le Coran". La représentante du parquet lui a notamment opposé le risque de troubles à l'ordre public et celui d'une récidive.

Image d'archives LCI : Mourad Benchellali, Nizar Sassi

Par AFP le 03 août 2004 à 10:46
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