A la Rochelle, en attendant Jospin

Par R.P, le 27 août 2004 à 21h34 , mis à jour le 27 août 2004 à 21h22

Les socialistes ont consacré leurs débats, vendredi, à la réforme des institutions de la Vème République alors que la venue de Lionel Jospin occupait les conversations des militants et responsables.

jospin © INTERNE

A la mi-journée, vendredi, avant même que débutent les travaux de ces journées d'été, plusieurs responsables socialistes, proches de la direction, confirmaient la rumeur : l'ancien Premier ministre devrait participer au dîner des militants, traditionnellement organisé à huis-clos le samedi à La Rochelle.

Après son échec au premier tour de la présidentielle, le 21 avril 2002, Lionel Jospin s'était retiré de la vie politique active. Depuis, il a cependant fait plusieurs réapparitions publiques, notamment dans sa section socialiste à Paris et pendant les récentes campagnes électorales pour soutenir des candidats aux régionales et aux européennes. La venue de l'ex-chef du gouvernement, qui possède une maison à l'île de Ré, toute proche, a donné lieu à des réactions très sybillines des responsables socialistes. "Il est toujours chez lui ici", a dit François Hollande tandis que Laurent Fabius a commenté : "on sera content de le voir. Il est à côté, il vient dire bonjour". "Contrairement à d'autres, je n'ai jamais été gênée qu'il revienne, il est le bienvenu", a observé Martine Aubry.

Nombre de responsables et militants craignent que le passage de l'ancien Premier ministre n'occulte le contenu de leurs travaux. Mais, parmi les partisans du oui à la Constitution européenne, certains souhaitaient qu'il vienne leur apporter son soutien publiquement, après la démonstration de force des tenants du non jeudi, à l'université d'été du courant NPS d'Arnaud Montebourg.

"Mettez à la place de Chirac un président honnête"

Mais c'est pourtant la question de la réforme des institutions qui a occupé les premières heures des travaux des socialistes. Les différentes interventions ont essentiellement abordé la question du rôle du président de la République, de sa responsabilité devant le Parlement et les citoyens, et plus précisément, de l'impunité du chef de l'Etat. Pour Laurent Fabius, la priorité est de "donner de véritables pouvoirs au Parlement". Cette réforme devra être adoptée dès le "premier semestre après la présidentielle", si le PS revient au pouvoir en 2007. "Sinon on ne le fera jamais", a-t-il assuré.

"Séparation des pouvoirs" et "mandat unique" des parlementaires font partie des propositions de Jack Lang. Pour lui, il faut à la France un "exécutif réellement responsable" et "un vrai parlement souverain". Jean Glavany a été encore plus direct : "le problème de la démocratie n'est-il pas Jacques Chirac ?", s'est-il écrié, ajoutant : "mettez à la place de Chirac un président honnête, rigoureux et responsable et ça change déjà beaucoup de choses". Il a plaidé pour "l'exemplarité des comportements et des pratiques politiques".

Par R.P le 27 août 2004 à 21:34
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