Christian Laplanche, ancien braqueur, professeur de droit, futur avocatUn ancien braqueur, devenu professeur de droit, a été autorisé, mardi par la cour d'appel de Nîmes, à exercer la profession d'avocat, en dépit de son lourd passé judiciaire. A 41 ans, Christian Laplanche avait saisi la justice après s'être vu refuser en juillet dernier l'autorisation de revêtir la robe noire par le conseil de l'ordre des avocats nîmois. Les juges ont suivi l'avis de l'avocat général, convaincu de la rédemption du plaignant. "Je ne serai peut-être pas un bon avocat, mais au moins, je saurai ce que ressent, dans les tripes, un gars en taule. Car c'est un souvenir qu'on n'oublie pas", assure-t-il.
Condamné en 1987 pour vol aggravé en réunion et tentative d'homicide par la cour d'assises de Draguignan à cinq ans de prison dont trois ferme après le braquage d'un bureau de poste, au cours duquel il avait blessé un policier avec un fusil à canon scié, Christian Laplanche avait entrepris des études en prison, jusqu'au doctorat de droit. "J'ai commis une erreur de jeunesse, mais j'ai accompli ma peine et refait ma vie. Il n'y a plus de raison que je continue à porter ma croix", affirme ce père de famille qui enseigne le droit privé en Guyane.
"Si on ne veut pas appliquer la loi, on change les textes !"
A l'unanimité, le conseil de l'ordre de Nîmes, qui compte 250 avocats, avait rejeté sa demande, se fondant sur la loi qui fixe, comme condition à la candidature, le fait de "n'avoir pas été l'auteur de faits ayant donné lieu à condamnation pénale pour agissement contraire à l'honneur, à la probité ou aux bonnes moeurs". Le policier blessé lors du braquage avait aussi adressé un courrier à l'ordre des avocats pour exprimer sa révolte à l'idée de voir l'ancien malfrat plaider en justice.
"Je comprends qu'on puisse pardonner. Mais notre profession est très strictement encadrée. A côté de la morale, il y a la loi, et si on ne veut pas l'appliquer, alors qu'on change les textes", estime le bâtonnier Me Bernard Delran. Il y a douze ans, l'ordre des avocats de Paris avait formulé une autre interprétation de la loi, en inscrivant dans ses rangs un candidat, autrefois condamné pour un crime passionnel.
Photo d’ouverture : Christian Laplanche, interrogé mardi soir par LCI - DR
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