le procureur tente d'enlever la fillette des mains de ses grands parents © DRCharlotte a 4 ans et habite le petit village des Adrets-de-l'Esterel dans le Var. Mais vendredi matin, elle n'a pas repris le chemin de son école maternelle. Elle bénéficie depuis jeudi après-midi de la protection de tous les habitants de son village, cachée pour échapper aux forces de l'ordre et se remettre de ce qu'elle a vu la veille. Jeudi matin, des policiers ont pris d'assaut son école maternelle pour venir la chercher et la remettre à son père américain. Sa mère, placée en garde à vue, a été mise en examen pour soustraction d'enfant et remise en liberté sous contrôle judiciaire. Ses grands-parents seront également prochainement poursuivis pour complicité, selon leur avocate. La classe politique s'empare de l'affaire, le premier ministre Jean-Pierre Raffarin intervenant lui-même, qualifiant les conditions de l'intervention dans l'école "inacceptables". Comment en est-on arrivé là ?
Jeudi à 9h30, ses camarades de maternelle ont vu des policiers escalader la grille de l'école pour la rendre à son père, vivant à New York, qui réclame son retour aux Etats-Unis. "Un véritable commando", selon le maire du village, le docteur Nello Broglio, rapidement intervenu sur place. "Ils sont arrivés comme des cow-boys au milieu des enfants affolés. Le personnel communal s'est interposé", a-t-il déclaré à tf1.fr. Le procureur Christian Girard en personne s'est déplacé pour venir prendre la fillette.
Un traumatisme pour les enfantsTrès vite, une chaîne humaine, composée des membres de la famille de Charlotte, de parents d'élèves, de l'institutrice et du personnel empêchent les policiers de passer. Pendant ce temps, la fillette est sortie par une fenêtre et cachée dans le bureau de la directrice, tandis que le maire protège le passage. "Ca criait dans tous les sens, raconte-t-il, encore ému. On se serait cru lors d'une prise d'otages. Les enfants sont traumatisés".
Des gendarmes arrivent en renforts, mais contrairement à leurs collègues, refusent d'entrer dans l'école. Delphine Micoud, présidente du comité de soutien qui vient en aide à Sophie, la mère de Charlotte, confirme à tf1.fr, la violence de l'intervention : "Plusieurs personnes sont blessées dont la grand-mère de Charlotte, qui a un hématome au visage et des côtes enfoncées". Dans la soirée, une cellule de soutien psychologique devait venir en aide aux enfants, très choqués. Et c'est les parents de tout un village qui vont un à un, porter plainte.
Charlotte est au coeur d'un véritable imbroglio judiciaire (voir encadré). Mais personne ne comprend l'intervention de jeudi matin sur sa forme. Sur le fond, le procureur entendait appliquer une décision de justice de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, rendue en mai dernier.
Un procureur acharnéJoint par tf1.fr, le parquet de Draguignan s'est refusé à tout commentaire. Au village, personne ne comprend l'acharnement du procureur dans cette affaire. De son côté, l'avocate de David W. l'explique par la volonté d'appliquer une décision de justice qui s'est heurtée à la violence de tout un village "après avoir fait avant, tout ce qui était en son possible pour le régler à l'amiable".
(Photo : prise par un témoin de la scène. Le procureur tente d'enlever Charlotte -avec le chouchou rose- des bras de sa grand-mère. DR)Affaire Charlotte : un imbroglio judiciaire |
Autre problème posé : le 2 août, le juge des enfants, saisi par la mère, demande des mesures d'investigation, pour une période de 6 mois, concernant l'état psychologique de la fillette. Pour Sophie et son comité de soutien, cette décision suspend l'application de celle de la CA. A l'inverse, selon l'avocate de David W. les mesures accordées n'empêche pas ce dernier de reprendre sa fille. C'est maintenant à la justice de trancher. P.P.
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