© AFPDe retour l'an dernier pour contrer le string, l'idée de l'uniforme à l'école est cette année appelée à la rescousse pour repousser le pouvoir des marques. Nouvel eldorado des jeunes, les griffes ont envahi depuis quelques années les cours de récréation. Et les cerveaux. Ainsi, selon une enquête de l'Union des familles en Europe, ils sont 93% à avouer craquer pour des marques, la plupart du temps (38%) ou de temps en temps (55%). Objet culte des ados, la basket. La marque s'impose avant tout pour les chaussures, citées à 96% pour les garçons et 76% pour les filles.
Dans ce contexte, cette même étude montre que 48% des parents sont favorables au port de l'uniforme à l'école; 66% des adolescents étant contre. Le pas est franchi, la mode est donc au nostalgique. Interdits de casquettes, de strings voyants ou de pantalons larges, les élèves s'adaptent déja dans certains collèges et lycées à une tentative de retour à l'ordre vestimentaire. Au lycée Clemenceau de Villemomble, en Seine-Saint-Denis, "le respect passe entre autres par la tenue vestimentaire qui doit être propre et décente", au lycée Gérard de Nerval de Noisiel, en Seine-et-Marne, le "style lolita'" pour les filles et "gangster" pour les garçons sont interdits. Pendant l'été, les conseils d'administration des collèges et lycées ont en effet dû modifier leurs règlements intérieurs pour y intégrer le principe du "dialogue" prévu par la nouvelle loi sur la laïcité si un élève arbore un "signe religieux ostensible" à l'école. Mais parfois, les textes ont été agrémentés de nouvelles consignes en matière vestimentaire.
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Ce nouvel interventionnisme marque "une tentative de l'institution de reprendre en main ce qu'elle juge être une déviance", estime Daniel Gayet, maître de conférence en Sciences de l'Education à Paris X-Nanterre, évoquant "l'interdiction plus ancienne de la casquette, comme un signe de rébellion potentielle".
"La dictature des marques existe, mais tout les enfants ne sont tout de même pas concernés. Et puis c'est surtout aux familles de jouer leur rôle. L'uniforme n'est pas une solution miracle pour résoudre un vrai problème" explique à tf1.fr Lucille Rabiller, secrétaire générale de la Fédération des Parents d’Elèves de l’Enseignement Public (PEEP). "Le retour à l'uniforme n'a pas de sens parce qu'il renvoie à des conditions socio-économiques qui n'ont plus lieu d'être", estime également Georges Dupon-Lahitte, président de la FCPE, principale organisation de parents d'élèves. "Il n'y a pas d'exemple de système qui fonctionne sur le principe d'un retour sur le passé", ajoute Daniel Gayet, évoquant une "rumeur" plus qu'un réel projet.
Le débat sur l'uniforme revêt cependant d'autres aspects que le simple mythe d'un âge d'or scolaire, celui de la France des années 50. Malika, également élève à Galilée, avoue qu' "avec l'uniforme, les garçons nous regarderaient moins". L'uniforme n'apporte pas de réponse sur ce point, estime Georges Dupon-Lahitte, pour qui "la sociéte devrait plutôt prendre le problème à la racine c'est-à-dire apprendre aux garçons ce que signifie "regarder" une fille".
Un retour à l'uniforme aurait surtout pour "objectif de lutter contre la prégnance des marques", explique de son côté Daniel Gayet. "Pour les adolescents, le port d'une marque permet de s'identifier à un groupe et de bénéficier d'un prestige qui n'est pas reconnu par l'institution scolaire".
Des élèves vont porter l'uniforme
INTERVIEW - Alors que l'UMP propose d'expérimenter à l'école le port d'un "vêtement commun", les élèves d'un internat d'excellence vont, dès février, porter pour de vrai, l'uniforme. Les explications du proviseur.
Publié le 13/01/2012
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