Hollande ironise sur l'attentisme de Fabius

Par D.S. (avec AFP), le 12 septembre 2004 à 07h42 , mis à jour le 12 septembre 2004 à 20h51

Le premier secrétaire du PS a assuré samedi qu'il respectait toutes les positions à propos du referendum sur la Constitution européenne en 2005. Bertrand Delanoë a quant à lui exhorté les socialistes à ne pas confondre le débat européen et l'enjeu présidentiel.

François Hollande (LCI 2004) © LCI

Répondant au "Non sauf si…" de Laurent Fabius à propos du referendum sur la Constitution européenne en 2005, François Hollande a affirmé samedi lors d'un discours à Lomme dans le Nord qu'il "respecte toutes les convictions". Chaud partisan du "oui", le premier secrétaire du Parti socialiste a ironisé sur les propos de Laurent Fabius, parlant d'"une troisième position qui préfère attendre une réponse qui viendra le moment venu pour donner soi-même le 'oui' ou  le 'non'.

L'ancien Premier ministre socialiste a en effet conditionné jeudi son "oui" à la Constitution européenne à l'obtention par Jacques Chirac d'une "réorientation" de la politique de l'UE en matière d'emploi. "Il faut être clair, il faut être simple", a plaidé François Hollande qui souhaite un "débat organisé" et "respectueux des faits, respectueux des textes, respectueux des autres, respectueux des Européens". "Tout le monde nous regarde, tous les socialistes européens nous observent", a-t-il affirmé, relevant que "tous les partis socialistes européens sont pour le  projet de Constitution".

"Danger mortel"

Le numéro 2 du PS, Laurent Fabius, a réaffirmé dimanche que sa "pente naturelle" était de "voter contre" le projet de constitution européenne, en estimant qu'"en l'état" il ne "peut pas approuver ce traité" au "Grand jury" RTL-Le Monde-LCI.

Visant aussi Laurent Fabius, Bertrand Delanoë a appelé samedi à Rillieux-la-Pape à ne pas mélanger le débat européen avec celui de la présidentielle de 2007. "C'est un danger mortel pour nous que d'être dans des positionnements tactiques", a averti le maire de Paris, partisan du "oui" à la Constitution. "Si nous mélangeons le débat européen avec cet enjeu-là, nous condamnons notre candidate ou notre candidat", a-t-il assuré. "Je pense que ce  traité n'est qu'une étape, quelques marches, mais je préfère monter ces quelques marches que de rester en bas", a-t-il encore estimé.

Dans le clan socialiste du "non", le secrétaire national du PS, Manuel Valls prononce implicitement dans Le Monde de dimanche - lundi pour un report de la consultation des militants prévue mi-novembre. "Se précipiter, voter dès aujourd'hui, c'est prendre le risque d'une division" des socialistes, avertit-il. "Nous ne connaissons ni les termes de la question qui sera posée  par Jacques Chirac l'an prochain, ni le contexte dans lequel se tiendra le  referendum", explique-t-il.

(Image LCI : François Hollande)

Par D.S. (avec AFP) le 12 septembre 2004 à 07:42
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